Il faudrait
Il faut que je me taise aux voix disparues
lorsque l'on ne m'entend pas
que je sois plus petite encore pour m'accrocher
aux racines
arrêter de me déverser sans discontinuer
en silence, dans la touffeur des mots perdus
lorsque des amis, en tant que tels,
m'effacent sans le dire pour un malentendu
un jugement de ce qui n'est pas
une pensée, une phrase
un geste
parce jamais
jamais, je ne les oublie
Il faut que je me taise
même lorsque l'on s'écrie : "Reste"
L'on dit que seuls les vrais amis demeurent...
L'on dit tant de choses que la vie renie,
ou bien renie-t-on la vie,
dans sa complexité, dans sa différence.
Mes creux, refusés
mes pleins tus
sont les écorchés des mots que
je ne sais pas dire
(communiquer en aucune manière, parce que...)
mots que je n'ai jamais sus
que je ne dirai pas
que je ne dirai plus
parce que rien ne sert plus de les suspendre
aux amis de tous âges
dans leur bourgeonnement ou lorsque les feuilles
se froissent.
La blessure est profonde
le mutisme ...
Sur mes pas, l'on se méprend
que sait-on de mes déchirures
de mes soleils décrochés
de chaque pousse
qui me donnaient ou me délivrent le
goût d'aller plus avant
dans la simplicité, dans la sincérité
Que sait-on
de mes protections offertes pour la seule raison
ou presque, que le monde tourne, tourne
tourne rond
Que sait-on
de mes attachements,
vraiment ?
Je m'en vais
comme l'on remonte sur ses pas
pour rattraper
au vol
la naissance
sous les bruyères
là, où il fait chaud
où l'humus soigne les plaies
alors que la pluie à une ou plusieurs
fois quatre membres
s'infiltre
peut-être
elle
sans attachements
7 février 2004
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