| PHILIPPE VALLET |
à mère nue
j’ouvre les yeux
première fois totalité
cri et tes mains mère nue sont deux
et je vois pour la première fois deux le monde
deux ton cœur dans tes yeux deux venus à moi
tombé plongé mes yeux premiers sur ton ventre
entier venu pour moi seul écueil au monde
à mère nue
je, un tombe nu première fois
tombe une première fois, tombe encore, toujours
et je ne sais plus qui de tes mains de tes yeux
sont venus chercher mes yeux d’une
première fois, mes yeux sans images sinon
tes mains tes yeux ton ventre mes images
d’avant le temps du monde d’avant le temps
je n’étais pas seul
avant seul à mère nue
et j’ouvre les yeux
cris après la réalité
tes mains mère nue sont deux et moi coupé
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sur la chair malléable du temps tient sur mes lèvres l’il d’une elle, crue en dedans à l’aiguille du pin monte son printemps s’accroche l’écorce profonde elle enracine la peau je ne sais pas si je t’ai crue je porte sur la main les parfums d’une aile aux bruissements lointains les fibres contraintes tisonnent les cendres éparpillées C’est aux lisières des forêts que discutent les ombres nos ombres en échos d’oasis clairs donnent aux déserts sources inconnues venues naître une fois, un instant Sur la chair malléable du temps je suis cru nue chair enlevée de toute peau sang de l’air où nos mots chair de langue s’écorchent aux silences il ne reste rien de nos feux grégeois seuls nos silex à mains nues frappent l’étincelle aux braises avant les flammes crues aux corps d’argile le cru cuit il d’une elle tiens sur mes lèvres une coupe lèvres chères crues en dedans lapent l’eau d’un printemps « ne me dites pas de mourir » j’ai ma bouche à vivre maintenant sur la chair malléable du temps le monde à manger |
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