Un jour j’ai dit que le désert
N’était plus sablé de
silence
Et j’ai tracé à bout
de voix
Des eaux d’écume traversant
Ce jardin brûlant d’herbes dures
Mes arbres bleus amoncelés
C’était si calme de non être
C’était si loin j’étais si
morte
Qu’il m’a fallu plus long de vent
Et plus amer de marécage
Pour que le son de tes pieds nus
S’enroule enfin jusqu’à ma porte
Ils ont hurlé qu’on était
fous
Toi tu avais gagné le fond
Tranquille à crever sans relâche
Sur la banquise des non dits
A t’épuiser de cris d’amour
A vainement faire semblant
De détacher l’âme de toi
Comme toujours tu vis de nuit
Comme jamais tu cherches l’aube
Tu n’es pas sûr d’y arriver
Dans le tourbillon des odeurs
J’ai mis ma peau contre ta peau
J’ai mis mon front contre ta vie
Et je me dis qu’on était fous