MA VILLE AUX DIMENSIONS D'ÂME

              
Quelque part dans la ville
Existe  un endroit ou nul ne va
Ruelles étroites ou blanche avenue
Le lieu varie

Cette ville
C'est ma ville aux proportions d'âme

Je la vois naître et je la fuis
C'est moi

Des barricades hachurent des quartiers de violence
Des parcs très verts, très profonds, ouvrent des anses où se perdre 
Mais quelque part il y  a ce lieu
Et l'insolence profane de ce qui en provient a la saveur des mots qui
savent l'enfer

Un peintre étendrait là du sombre
Une flamboyance d'inquiétudes
J'y mets des silences
Je les habille ensuite de paroles
Phrases ruelles qui dévalent les pentes du fragmentaire
Phrases rigoles qui glissent au long des murs épars
Infiniment décousus
Entre là où je suis
          la ou j'irai

Dans la ville aux résidences cossues
Les fortunes assises sont moins que des fuites
Mais là-bas
En ce cour sans porte d'un lieu où nul ne va
Une cabane attend mes mains contre ses planches
Et pauvre
Un sequin de porcelaine perdu au fond de ma poche
Je m'y adosse
Un oil jeté au seuil de l'invisible
La frontière
Pour apprendre à en revenir

Entre nuit et lumière
En ce lieu où nul ne va
D'où nul ne vient
Ce lieu sans nom
Je me tiens aux dimensions d'âme de ma ville
Ailleurs et là
Mon âme
Ma ville
 

                    Leila zhour, juin 2001

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juin 2001
Gert