Le
RAIDDAT est un groupe communautaire dont la mission est la
protection et la défense des droits de toute personne qui, en
raison de
problèmes de santé mentale, se trouve dans une
période
vulnérable de sa vie. Il peut s'agir de tout type de situations,
emploi,
services publics, abus, discrimination, informations sur la
médication,
traitements inappropriés ou autres. Nous disposons d'un centre
de
documentation et de conseillers pouvant intervenir à distance ou
en
accompagnement. Gratuit, confidentialité assurée,
anonymat
respecté si désiré. L'association mène des
actions
collectives et systémiques sur des questions comme le droit
à
l'information, l'internement involontaire, les ordronnances de
traitement, la
contention, l'isolement, l'éthique en psychiatrie.
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Rapport
d'activités RAIDDAT |
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Rouyn-Noranda,
le 15 juin 2007 |
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Voici
le rapport
sur les activités du RAIDDAT pour la période couvrant
l’année financière qui s’est terminée le 31
mars 2007. Vous y trouverez une description de l'organisme ainsi que le
résumé des principales activités qui ont
marqué la
dernière année.
Le RAIDDAT est un
organisme communautaire autonome qui a une mission principale de
défense
collective des droits, assortie à un mandat d'aide et
d'accompagnement confiée
par le ministère de la Santé et des Services sociaux.
Tout au
long de son histoire, l'organisme, via ses représentants, a
participé à l'avancement des droits et de leur
application, par
sa participation à des études, formations, forums et
activités de concertation destinées principalement aux
intervenants dans le champ de la santé mentale. Par notre apport
à des projets d'envergure nationale, nous participons à
des
actions politiques visant à faire changer des mentalités
et
à accélérer la mise en application des initiatives
progressistes en matière de respect des droits. Pensons
seulement
à l'approche de la gestion autonome de la médication en
santé mentale et aux principes de l'appropriation du pouvoir mis
de
l'avant à l'échelle nationale.
L'organisme
organise ou collabore aussi à des activités de
sensibilisation,
de formation et de mobilisation visant à ce que les
thèmes
principaux qui nous tiennent à cœur fassent partie des
conversations et des préoccupations des gens, que les droits et
le
vécu des personnes soient présents à l'esprit
quand on est
témoins de marginalisation et de souffrances liées
à des
problèmes de santé mentale.
De plus, un aspect important de la mission du RAIDDAT est de
favoriser
la participation des personnes à tous les niveaux des structures
de
consultation, de décision et d’évaluation des services
dont
elles sont les utilisatrices.
Le
RAIDDAT est soutenu principalement par le SACAIS, le Secrétariat
à l'action communautaire autonome et aux initiatives sociales,
qui
relève du Ministère de l’emploi et de la
solidarité
sociale. L'exercice de notre mission de base est reconnu et
valorisé
dans le cadre d'une entente qui respecte le cadre de
référence
québécois en matière d'action communautaire.
Le RAIDDAT est aussi
supporté
financièrement par le ministère de la Santé et des
Services sociaux dans l'exercice d'un mandat de promotion et de
défense
des droits mieux décrit dans un document mis à jour en
2006.
Certaines personnes sont aux prises de façon temporaire ou
persistante
avec des problèmes psychologiques qui affectent leur
capacité
à faire valoir leurs droits et qui les rendent également
plus
susceptibles d'être lésées. L'épuisement, le
manque
d'information et la difficulté d'accès aux recours font
que
l'exercice de leurs droits peut leur paraître extrêmement
ardu,
voire impossible.
Le mandat d'aide et
d'accompagnement confié au RAIDDAT par le ministère de la
Santé et des Services sociaux est un mécanisme qui assure
l'accès aux recours existants. Il comporte cinq volets.
1.
L'aide consiste à
informer,
préparer et entraîner la personne pour qu'elle puisse
accomplir
elle-même les démarches requises par la situation.
2.
L'accompagnement consiste à
être
présent avec la personne et l'assister dans toute
démarche visant
l'expression d'une requête ou l'utilisation d'un recours.
3.
L'intervention pro-active consiste à
intervenir, de
manière exceptionnelle, à la place de la personne lorsque
celle-ci ne dispose pas des moyens nécessaires pour solliciter
une aide.
4.
L'action collective, c'est l'intervention
faite au
bénéfice d'un groupe de personnes ou d'individus
isolés
dont les problèmes sont de même nature.
5.
L'action systémique questionne le milieu
d'intervention
dans ses façons de faire en mettant en cause le
bien-fondé ou l'application
d'un règlement ou d'une politique ou encore l'organisation des
services
d'une région.
L'année
financière qui s'est
terminée au 31 mars 2007 a été marquée par
le
maintien des activités de défense des droits à un
niveau
que nous avions connu avant 2006. Nous avons connu un début
d'année difficile alors que l'équipe de travail
était
affectée par un litige interne qui a généré
des
tensions importantes dont nous ressentons encore les contrecoups. Nous
avons
poursuivi le travail entrepris avec les différents partenaires
du
RAIDDAT et tout au long de cette période nous avons maintenu le
contact
avec les autorités de l'Agence de la santé et des
services
sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue pour leur assurer de la saine
vitalité de l'organisme et pour bénéficier de leur
appui.
Au début d'avril,
nous avons participé
à une session de formation destinée à l'ensemble
des
groupes régionaux de défense des droits, sous la
responsabilité de Carole Aveline. Cet exercice avait pour but
d'aider les
organisations à consolider leur solidarité et leur
leadership,
à partir d'un diagnostic effectué par cette consultante
à
l'AGIDD-SMQ et auprès de toutes les équipes des groupes
régionaux concernés. L'exercice, coûteux et
exigeant, n'a
pas donné les résultats attendus. Le processus, dans sa
phase
finale, s'est avéré différent de ce qui avait
été annoncé, et malgré tout,
l'équipe du
RAIDDAT a donné une participation exemplaire à cet effort
de
renouvellement des pratiques et des communications au sein de notre
regroupement national. Y ont
participé pour le RAIDDAT : Lucie Simard, Doris Bisson,
Nicole
Rousson et moi-même, Jean-Luc Pinard. Nous avons produit une
évaluation exhaustive de cet exercice et offert notre
contribution pour
les suites à donner à cette expérience.
Lors de ce même
voyage, deux personnes du
RAIDDAT ont participé, à Lévis, à une
formation sur
les pratiques de gestion autonome de la médication, offerte par
le
Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du
Québec.
Nous avons connu aussi des
changements de personnel
qui ont nécessité des périodes d'adaptation et
d'ajustements. L'équipe de travail s'est stabilisée
depuis
janvier 2007 et les conditions suivantes ont été mises en
place
pour donner un nouvel élan à l'organisme :
-
embauche
d'une seconde conseillère pour l'aide et l'accompagnement
-
embauche
d'une chargée de projet pour la vie associative
-
agrandissement
des locaux
Tel que nous l'avions
mentionné lors de la
dernière assemblée générale annuelle, le
personnel
a vécu les secousses d'un conflit interne au printemps 2007, qui
s'est
résolu dans le cadre d'un litige judiciaire et qui a pris fin
à
l'assemblée annuelle des membres. Nous avons ensuite poursuivi
nos
activités avec une employée en moins, pour une
période de
plus de trois mois, soit jusqu'à la mi-septembre. À cette
période, nous avons entrepris diverses initiatives dans le but
de
consolider certains aspects de notre mission.
Au cours de la
dernière année, la
composition de l'équipe de travail s'est modifiée.
Actuellement,
l'équipe d'employés réguliers est composée
de
Denise Royer, à temps partiel, à l'accueil et au soutien
administratif, de France Riel et Lucie Simard, conseillères en
défense des droits, et moi-même, Jean-Luc Pinard à
la
coordination. En cours d'année, nous avons également
embauché Chantal Roy, pour
combler partiellement l'absence de Lucie Simard à
l'été 2006.
Ajout de personnel
-
En
octobre 2006, nous avons présenté un projet
«expérience de travail» dans le but d'utiliser les
services
d'une jeune diplômée au profit d'actions collectives de
mobilisation, de sensibilisation ou d'éducation populaire. Annie
Duclos
a été embauchée pour une période de 20
semaines
à compter du 6 novembre 2006, qui s'est terminé au 31
mars 2007.
Elle a préparé, avec Doris Bisson, (qui était
membre
bénévole) différents ateliers et rencontres
d'échange sur le rétablissement et les droits, elle a
approfondi
la question du respect des droits dans les services d'urgence des
hôpitaux, elle a monté un sondage à administrer aux
usagers
sur cette question, elle a aussi mis des efforts sur la conception et
le
montage d'un journal. Annie a aussi contribué à d'autres
activités, notamment lors des travaux d'aménagement et
d'agrandissement du local.
-
En
janvier 2007, nous avons accueilli France Riel comme employée
régulière à temps partiel. France a rapidement
intégré les fonctions de conseillère en
défense des
droits et a pris en charge des dossiers d'aide et d'accompagnement.
-
À
la fin de mars 2007, nous avons eu l'approbation d'un projet d'emploi
subventionné à temps partiel pour développer du
travail
d'organisation et d'animation à la vie associative et pour
mobiliser des
personnes intéressées à s'impliquer dans
l'organisme.
Doris Bisson, après avoir entrepris bénévolement
ce projet
depuis octobre 2006, est maintenant embauchée à raison de
24
heures par semaine sur un projet se
poursuivant jusqu’au 30 janvier 2008.
À l'automne 2006,
des espaces adjacents aux
locaux du RAIDDAT ont été libérés et rendus
disponibles pour location. Offert à tarif avantageux, un local
additionnel de 800 pieds carrés a été
aménagé dans le cadre d'une entente que nous avons
conclue avec
le propriétaire. Un nombre important d'heures a
été
investi de la part de quelques employés ainsi que des nombreuses
heures bénévoles ont
été
consacrées à ce projet. Un des buts de cet agrandissement
est de
permettre de libérer des espaces propices au travail en
comités
et à des rencontres de groupes. Ainsi, la partie avant,
anciennement
consacrée à la réception, devient disponible en
tant que
salle pouvant accueillir quinze personnes et plus, ou être
aménagée en fonction des activités variées
de
défense collective des droits.
Dans les prochaines
semaines, il est à
prévoir une utilisation plus fréquente des locaux par des
personnes que le RAIDDAT peut embaucher sur des mesures
d'intégration
sociale pour participer à des activités de mobilisation,
d'information, d'échange, de sensibilisation ou autres. Les
membres du
conseil d'administration ont aussi exprimé leur volonté
d'utiliser davantage ces locaux dans l'exercice de leur implication
dans
l'organisme.
8.
Concertation et
mobilisation
Dès septembre 2006,
nous avons
présenté à l'Agence de la santé et des
services
sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue un projet de mobilisation
régionale des personnes utilisatrices de services en
santé
mentale appelé «cadre de partenariat», en
collaboration avec
l'AGIDD-SMQ. Vous en trouverez la description en annexe de ce cahier.
Nous avons aussi poursuivi
nos efforts pour travailler
plus étroitement avec la Table des partenaires en santé
mentale
de la MRC de la Vallée de l’Or. Notre participation à
leur
réunion en septembre 2006 n'a pas donné les
résultats
escomptés. Dans les autres MRC de la région,
des changements organisationnels et des
lenteurs dans la reprise des travaux des tables ont fait en sorte que
nous
n'avons pas connu de développements de ce côté.
9.
Rencontres avec des
équipes de soins
À la même
période, nous avons eu
des rencontres avec les équipes de soins du Pavillon de
Malartic. Ces
rencontres ont donné lieu à des clarifications
importantes quant
au rôle joué par le RAIDDAT et les points de vue
respectifs sur
les efforts qui sont faits pour à la fois respecter les droits
des usagers
et répondre à leurs besoins de soins.
Dans les mois qui ont
suivi, on a pu observer un
climat amélioré lors de démarches
effectuées dans
cet établissement. Des rencontres périodiques avec des
responsables de ce pavillon et avec les autorités du Centre de
santé et de services sociaux permettent d'avancer
progressivement dans
des communications plus constructives sur les pratiques à
améliorer dans les unités de soins et, pour notre
équipe,
sur une manière mieux acceptée de réaliser les
différents volets du mandat du RAIDDAT. En termes de
résultats,
ce travail nous apparaît plus productif que les actions de
dénonciation virulentes que nous avons dû mener au cours
des
années antérieures. Il faut reconnaître les efforts
de
conciliation et de respect dans les communications qui ont
prévalu chez
les représentants de cet établissement. Il est à
noter que
le comité des usagers a été invité à
être présent et que sa représentante a
participé
à la plupart des rencontres.
10.
Centre
de santé et de services sociaux Rouyn-Noranda
Tout au long de
l'année 2006, nous avons eu des
entretiens réguliers à une fréquence mensuelle
avec la
personne responsable des services de santé mentale du Centre de
santé et de services sociaux de Rouyn-Noranda. Ces rencontres
ont pris
fin en décembre 2006 avec son départ à la retraite
mais
elles devraient se poursuivre, en vertu d'ententes prises
récemment avec
sa remplaçante. Ce travail d'action systémique a permis,
depuis
plus de six ans, de promouvoir des changements dans les pratiques de
soins
ainsi que dans nécessaire complémentarité de nos
rôles lorsqu'une personne hospitalisée nécessite de
l'assistance pour l'exercice de ses droits. Il en a
résulté une
vigilance accrue chez plusieurs intervenants cliniques et à une
hausse
importante des références de leur part, plus visible en
2005-2006. Mentionnons aussi la
possibilité pour les personnes de bien défendre leur
point de vue
au tribunal lors de requêtes pour garde en établissement
ou pour
autorisation de soins. Dans plusieurs cas, le fait de se mobiliser pour
défendre leurs droits aura permis aux personnes de reprendre
confiance
en elles-mêmes et de mieux accomplir un rétablissement qui
apparaissait jusque là compromis.
Pour la défense
collective des droits, les plus
grands succès que nous avons connus se sont confirmés en
2006 et
sont les résultats des efforts que nous avons mis à
négocier avec nos interlocuteurs des conditions de communication
acceptables de part et d'autre, dans le but de mobiliser leur personnel
pour un
meilleur respect des droits des usagers.
Au cours de l'année
2006, nous avons
participé aux travaux de l'équipe de préparation
à
l'agrément (Conseil canadien d’agrément) pour le volet
santé mentale du Centre de santé et de services sociaux
de Rouyn-Noranda.
Cette expérience donne lieu à des questionnements et
à une
mobilisation des intervenants en faveur de services plus respectueux
des droits
et de la dignité de la personne. Ceci nous permet d'agir
directement auprès
des personnes-clés et des organisations où des
changements
significatifs sont ciblés, plutôt que d'adopter une
approche de
confrontation conflictuelle ayant démontré des lacunes
importantes dans l'histoire du RAIDDAT. Lors de rencontres
prévues
à cet effet, nous avons discuté avec les responsables
d'un autre
établissement dans le but de s'engager dans un processus
similaire. Nous
souhaitons la collaboration des autres centres de santé et de
services
sociaux lorsqu'ils entreprennent une démarche d'agrément.
Dans le même ordre
d'idées,
l'équipe du RAIDDAT a été invitée à
participer aux sessions de formation données à l'interne
de cet
établissement sur les orientations ministérielles pour la
réduction des mesures de contrôle que sont l'isolement, la
contention
et l'utilisation de substances chimiques à cette fin. Voila une
manière cohérente et efficace de jumeler des objectifs
d'amélioration des soins et le respect des droits, notamment en
y
associant les efforts de nos organisations respectives.
Concernant les pratiques
de contention et d'isolement,
nous avons aussi participé le 22 septembre 2006 à une
journée de formation régionale organisée par
l'Ordre des
infirmières et infirmiers du Québec, section
régionale.
Nous y avons pris part activement et distribué du
matériel de
sensibilisation à environ 200 participants oeuvrant dans
différents milieux cliniques de la région.
Nous remercions les
responsables pour leur
collaboration, il nous apparaît que ce type d'action est porteur
de
résultats tangibles. Par des rencontres régulières
avec
certains responsables de soins (à Malartic et à
Rouyn-Noranda),
nous avons continué d'insister sur la nécessité de
réduire le recours à ces mesures de contrôle. Nous
remarquons maintenant le recours plus fréquent à des
services
privés : un agent demeure en permanence auprès d'une
personne lorsqu'elle manifeste un état de dangerosité
importante.
13.
Jeunes
Dès octobre 2006,
nous avons repris les
activités de formation sur la santé mentale et les droits
que
nous offrons aux étudiants des niveaux 4 et 5 des écoles
secondaires de Rouyn-Noranda et de Val d'Or. Avec la collaboration des
enseignantes, plus de 300 jeunes ont l'occasion d'améliorer leur
connaissance des droits et des enjeux spécifiques au fait de
vivre des
problèmes de santé mentale. Cette année, la
qualité
des échanges a été remarquable et se
reflète dans
les évaluations des étudiants. C'est une action qui
pourrait
aussi être étendus à d'autres milieux
d'enseignement.
En octobre 2006, nous
avons collaboré, dans le
cadre de la tenue d'une conférence de presse donnée par
monsieur
Frédéric Provencher, à informer et à
sensibiliser
le public relativement aux recours à utiliser lorsqu'un enfant
ou un
adolescent voit se santé mentale menacée par des
négligences ou des abus de professionnels de l'enseignement. Le
matériel d'information préparé par ce citoyen sera
fort
utile pour des parents qui veulent questionner ou faire modifier des
pratiques
éducatives potentiellement préjudiciables ou abusives
quant au
respect des droits des enfants.
14.
Salon
du Livre
Nous avons chaque
année dans la région
la chance d'accueillir des éditeurs et des auteurs dans le cadre
d'une
activité régionale qui se tient alternativement dans les
différentes villes de la région. En 2006, le RAIDDAT a
tenu un
kiosque d'informations à Ville-Marie, où nous avons
distribué plus de 2000 dépliants en mains propres au
public et
engagé la conversation pour donner des informations sur la
mission de
l'organisme. C'est une visibilité et un contact direct avec la
population
que nous cherchons à renouveler à chaque année.
Plus de
10 000 personnes ont visité la kiosque de Ville-Marie en
2006, plus
de 18 000 personnes ont visité le Salon du Livre 2007
à
Rouyn-Noranda. Nous y étions avec le même enthousiasme.
Merci
à Doris Bisson qui a fait un travail de communication
remarquable ainsi
qu'à Nicole Rousson et Martine Cadieux qui sont aussi venues
rencontrer
le public pour faire connaître le RAIDDAT.
Cette année, nous
avons remarqué que
plus de la moitié des personnes rencontrées connaissaient
bien le
RAIDDAT, cette connaissance étant le plus souvent
associés avec
le fait que les personnes résidaient dans les environs de
Rouyn-Noranda.
Doris Bisson et
moi-même Jean-Luc Pinard
soutenons encore la démarche initiée l'Agence de
développement de réseaux locaux de services de
santé et de
services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue pour promouvoir la
mise en
place d'un cadre de référence régional sur
l'appropriation
du pouvoir. Des rencontres
régulières ont permis d'organiser la tenue d'une
formation qui
aura lieu à l'automne pour un groupe d'intervenants, en lien
avec le
projet de cadre de partenariat proposé par le RAIDDAT.
16.
Défense des droits
–
Demandes d’aide
L'année 2006-2007 a
suivi une période
où les demandes d’aide individuelles avaient été
en
très forte hausse. Cette situation s'est atténuée
à
l'été 2006 entre autres avec l'absence prolongée
de Lucie
Simard de mai à octobre, pour des raisons de santé. La
période la plus intense des demandes a été celle
de
janvier à avril 2007, alors que les deux conseillères ont
travaillé en étroite collaboration et que l'on a connu
une hausse
des demandes d'aide.
À Rouyn-Noranda,
les visites hebdomadaires des
conseillères dans l'unité interne de psychiatrie du
Centre de
santé et de services sociaux se poursuivent et permettent que
des
personnes puissent faire directement appel au RAIDDAT. Cette
année, la
proportion des hommes qui ont eu recours à l'organisme se situe
à
38,5% du total des demandes, comparativement à 61,5% de femmes.
Vous trouverez à la
fin de ce rapport un
tableau illustrant les demandes d'aide pour cette année,
réparties par territoire de MRC.
Le total des personnes nécessitant un accompagnement
cette
année est de 340 personnes, ce qui constitue une
légère
augmentation par rapport à 2005 et une diminution importante par
rapport
à l'année exceptionnelle que nous avons connue l'an
dernier. Il
faut se rendre compte de toute l'importance du travail de
représentation
qui doit être fait par les membres de l'équipe, mais aussi
par les
administrateurs et les militants et rappeler aux gens l'utilité
de
s'associer au RAIDDAT pour la défense des droits en santé
mentale. Nous voyons encore cette année que cet objectif est
atteint
pour la MRC de Rouyn-Noranda mais il demande encore à être
consolidé dans les autres MRC de la région.
Un grand nombre des appels
font l’objet
d’une demande d’informations ou encore d’une intervention
ponctuelle via un simple appel en conférence avec une
personne-ressource: c'est à dire les gens qui offrent des
services et
qui disposent des réponses appropriées ou encore des
avocats ou
autres ressources de protection des droits. Pour les fins de
statistiques, nous
comptabilisons uniquement les demandes qui ont nécessité
plus
d'une démarche et qui nécessitent pour certaine d'entre
eux des
démarches d'aide pouvant s'échelonner sur plusieurs
semaines.
17.
Les droits des
personnes :
exemples des cas les plus fréquents
Ø
Le consentement aux soins
et la
participation aux traitements : un patient captif d'un milieu de
soins
psychiatriques doit pouvoir EN TOUT TEMPS consentir à ses soins
ou jouir
de protection et d'assistance pour la connaissance et le respect de ses
droits.
Ø
Le droit à une
protection
adéquate du tuteur ou du curateur, incluant le Curateur public,
pour que
le personne ne subisse pas des traitements allant à l'encontre
de ses
droits fondamentaux, par exemple, des mesures punitives ou
comportementales non
consenties.
Ø
Assistances au tribunal
lors de
requêtes, garde en établissement, ordonnances de soins.
Ø
Aide et démarches
pour
demandes de transferts dans un autre hôpital.
Ø
Assistance pour trouver de
l'hébergement.
Ø
Assistance pour
gérer son
consentement à la médication, respect des intervenants
des
principes de gestion autonome de la
médication.
Ø
Le droit de faire valoir
son point de
vue et de contester s'il y a lieu une demande d’ordonnance de soins, de
traitement ou d'encadrement (en général demandée
pour une
période de trois ans)
imposés par le Tribunal.
Ø
Le droit à la
liberté
et la dignité versus les gardes en établissement, non
consenties
par le personne.
Ø
Le droit au libre choix du
professionnel et la possibilité d’établir un lien de
confiance avec le médecin ou le thérapeute, la
possibilité
d'obtenir des soins en dehors de sa localité, si
désiré : assistance pour changer de psychiatre.
Ø
Les droits sociaux tels la
sécurité du revenu, le travail, CNT, CSST,
de même que les
problématiques touchant le harcèlement au travail, les
litiges
avec les firmes d'assurance invalidité et les insatisfactions
envers
certains syndicats.
Ø
Personnes victimes de
vols, abus ou
exploitation.
Ø
Négocier une
réintégration au travail après une
dépression, dans
un climat sain et exempt de pressions excessives.
Ø
Assistance pour des
demandes de
reconnaissance des incapacités, programme Soutien financier, en
lien
avec les évaluations médicales et les médecins de
l'aide
sociale.
Ø
Litiges opposant des
usagers de
services en santé mentale et les services de protection de la
jeunesse,
exemple une mère qui se voit retirée la garde de ses
enfants.
Ø
Nous avons aussi à
conseiller
et à accompagner des personnes qui, éprouvant des
troubles
mentaux, doivent se présenter au tribunal pour toute autre
question,
criminelle, civile ou familiale.
Notre première
tâche est de faire en
sorte que la personne connaisse ses droits et qu’elle se sente en
confiance pour en exiger le respect, alors qu’elle est dans une
situation
de perte d'énergie, de vulnérabilité et de
dépendance.
Il faut souligner que la majorité des personnes que nous
accompagnons
obtiennent gain de cause et nous témoignent de leur
satisfaction. Ceci a
comme effet que plusieurs intervenants réfèrent des gens
au
RAIDDAT pour agir sur des situations qui dépassent leur champ
d'action. Des personnes appellent
aussi pour obtenir de l'assistance pour un proche en difficulté.
Nous
aidons un nombre croissant de parents et de proches. Nous
répondons
à toutes les demandes d'aide ou d'informations, y compris
lorsque des
personnes oeuvrant dans le réseau de la santé nous
contactent
sous le couvert le la confidentialité.
Le processus de plainte:
lorsqu’une personne ou
un groupe de personnes nous contacte pour dénoncer une
situation, nous
l’assistons dans le processus de plainte approprié. De plus en
plus, un choix est donné à la personne de procéder
avec
notre aide ou avec celle du CAAP Abitibi-Témiscamingue. Lorsque
la
plainte est de nature à mener à une action
systémique,
nous informons les personnes de l’importance pour l’organisme
RAIDDAT de garder le lien nécessaire à la poursuite d’un
travail constructif pour le changement des pratiques.
C'est avec modestie que
nous devons
rendre compte des activités de l'année 2006-2007, car les
efforts
mis par le personnel et différentes personnes
bénévoles se
sont avérés insuffisants pour mener à terme tous
les
projets que nous avions proposés. Nous devons réaliser
l'extrême importance de l'appui des administrateurs et de tous
les
membres du RAIDDAT pour mener à terme les importants
défis que
nous nous sommes donnés. Il nous faut dès maintenant
faire appel
à votre participation sur des comités et puis vous
assurer d'un
suivi. L'année 2007-2008 devrait être marquée par
un regain
de participation collective, à Rouyn-Noranda et aussi dans les
autres
localités de la région. Nous avons maintenant des
ressources
humaines et des infrastructures adéquates pour aller plus loin
dans ce
sens.
Voici une demande qui est
plus que
jamais d’actualité : dans votre milieu, dans votre
localité, des personnes ont besoin d'appui pour défendre
leurs
droits, d'autres ont besoin de s'engager plus activement pour affirmer
et
mettre en pratique leurs convictions, pour être administrateurs
ou pour
s'engager dans des comités, continuez à les mettre en
contact
avec nous, votre rôle est indispensable pour la poursuite de la
mission
qui nous tient à cœur.
Jean-Luc Pinard,
coordonnateur
RAIDDAT
Ressource d'aide et
d'information en défense des droits de
l'Abitibi-Témiscamingue
/JLP