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Le RAIDDAT
est un groupe communautaire dont la mission est la protection et la
défense des droits de toute personne qui, en raison de problèmes
de santé mentale, se trouve dans une période vulnérable de
sa vie. Il peut s'agir de tout type de situations, emploi, services publics,
abus, discrimination, informations sur la médication, traitements
inappropriés ou autres. Nous disposons d'un centre de documentation et
de conseillers pouvant intervenir à distance ou en accompagnement.
Gratuit, confidentialité assurée, anonymat respecté si
désiré. L'association mène des actions collectives et
systémiques sur des questions comme le droit à l'information, l'internement
involontaire, les ordronnances de traitement, la contention, l'isolement,
l'éthique en psychiatrie.
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RAIDDAT |
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Rouyn-Noranda, le 15
juin 2007 |
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Voici le rapport
sur les activités du RAIDDAT pour la période couvrant
l’année financière qui s’est terminée le 31
mars 2007. Vous y trouverez une description de l'organisme ainsi que le
résumé des principales activités qui ont marqué la
dernière année.
Le RAIDDAT est un
organisme communautaire autonome qui a une mission principale de défense
collective des droits, assortie à un mandat d'aide et d'accompagnement
confiée par le ministère de la Santé et des Services
sociaux. Tout au long de son histoire, l'organisme, via ses
représentants, a participé à l'avancement des droits et de
leur application, par sa participation à des études, formations,
forums et activités de concertation destinées principalement aux
intervenants dans le champ de la santé mentale. Par notre apport
à des projets d'envergure nationale, nous participons à des
actions politiques visant à faire changer des mentalités et
à accélérer la mise en application des initiatives
progressistes en matière de respect des droits. Pensons seulement
à l'approche de la gestion autonome de la médication en
santé mentale et aux principes de l'appropriation du pouvoir mis de l'avant
à l'échelle nationale.
L'organisme organise ou
collabore aussi à des activités de sensibilisation, de formation
et de mobilisation visant à ce que les thèmes principaux qui nous
tiennent à cœur fassent partie des conversations et des préoccupations
des gens, que les droits et le vécu des personnes soient présents
à l'esprit quand on est témoins de marginalisation et de
souffrances liées à des problèmes de santé
mentale. De plus, un aspect important de la mission du RAIDDAT est de
favoriser la participation des personnes à tous les niveaux des
structures de consultation, de décision et d’évaluation des
services dont elles sont les utilisatrices.
Le RAIDDAT est soutenu
principalement par le SACAIS, le Secrétariat à l'action
communautaire autonome et aux initiatives sociales, qui relève du
Ministère de l’emploi et de la solidarité sociale.
L'exercice de notre mission de base est reconnu et valorisé dans le
cadre d'une entente qui respecte le cadre de référence
québécois en matière d'action communautaire.
Le RAIDDAT est aussi
supporté financièrement par le ministère de la
Santé et des Services sociaux dans l'exercice d'un mandat de promotion
et de défense des droits mieux décrit dans un document mis
à jour en 2006. Certaines personnes sont aux prises de façon
temporaire ou persistante avec des problèmes psychologiques qui
affectent leur capacité à faire valoir leurs droits et qui les
rendent également plus susceptibles d'être lésées.
L'épuisement, le manque d'information et la difficulté
d'accès aux recours font que l'exercice de leurs droits peut leur
paraître extrêmement ardu, voire impossible.
Le mandat d'aide et
d'accompagnement confié au RAIDDAT par le ministère de la
Santé et des Services sociaux est un mécanisme qui assure
l'accès aux recours existants. Il comporte cinq volets.
L'aide consiste à informer,
préparer et entraîner la personne pour qu'elle puisse accomplir
elle-même les démarches requises par la situation.
L'accompagnement consiste à être
présent avec la personne et l'assister dans toute démarche visant
l'expression d'une requête ou l'utilisation d'un recours.
L'intervention
pro-active consiste
à intervenir, de manière exceptionnelle, à la place de la
personne lorsque celle-ci ne dispose pas des moyens nécessaires pour
solliciter une aide.
L'action
collective, c'est
l'intervention faite au bénéfice d'un groupe de personnes ou
d'individus isolés dont les problèmes sont de même nature.
L'action
systémique
questionne le milieu d'intervention dans ses façons de faire en mettant
en cause le bien-fondé ou l'application d'un règlement ou d'une
politique ou encore l'organisation des services d'une région.
L'année financière qui s'est
terminée au 31 mars 2007 a été marquée par le
maintien des activités de défense des droits à un niveau
que nous avions connu avant 2006. Nous avons connu un début
d'année difficile alors que l'équipe de travail était
affectée par un litige interne qui a généré des
tensions importantes dont nous ressentons encore les contrecoups. Nous avons
poursuivi le travail entrepris avec les différents partenaires du
RAIDDAT et tout au long de cette période nous avons maintenu le contact
avec les autorités de l'Agence de la santé et des services
sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue pour leur assurer de la saine vitalité
de l'organisme et pour bénéficier de leur appui.
Au début d'avril, nous avons participé
à une session de formation destinée à l'ensemble des
groupes régionaux de défense des droits, sous la
responsabilité de Carole Aveline. Cet exercice avait pour but d'aider
les organisations à consolider leur solidarité et leur
leadership, à partir d'un diagnostic effectué par cette
consultante à l'AGIDD-SMQ et auprès de toutes les équipes
des groupes régionaux concernés. L'exercice, coûteux et
exigeant, n'a pas donné les résultats attendus. Le processus,
dans sa phase finale, s'est avéré différent de ce qui
avait été annoncé, et malgré tout, l'équipe
du RAIDDAT a donné une participation exemplaire à cet effort de
renouvellement des pratiques et des communications au sein de notre
regroupement national. Y ont participé pour le RAIDDAT :
Lucie Simard, Doris Bisson, Nicole Rousson et moi-même, Jean-Luc Pinard.
Nous avons produit une évaluation exhaustive de cet exercice et offert
notre contribution pour les suites à donner à cette
expérience.
Lors de ce même voyage, deux personnes du
RAIDDAT ont participé, à Lévis, à une formation sur
les pratiques de gestion autonome de la médication, offerte par le
Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec.
Nous avons connu aussi des changements de personnel
qui ont nécessité des périodes d'adaptation et
d'ajustements. L'équipe de travail s'est stabilisée depuis
janvier 2007 et les conditions suivantes ont été mises en place
pour donner un nouvel élan à l'organisme :
embauche
d'une seconde conseillère pour l'aide et l'accompagnement
embauche
d'une chargée de projet pour la vie associative
agrandissement
des locaux
Tel que nous l'avions mentionné lors de la
dernière assemblée générale annuelle, le personnel
a vécu les secousses d'un conflit interne au printemps 2007, qui s'est
résolu dans le cadre d'un litige judiciaire et qui a pris fin à
l'assemblée annuelle des membres. Nous avons ensuite poursuivi nos
activités avec une employée en moins, pour une période de
plus de trois mois, soit jusqu'à la mi-septembre. À cette
période, nous avons entrepris diverses initiatives dans le but de
consolider certains aspects de notre mission.
Au cours de la dernière année, la
composition de l'équipe de travail s'est modifiée. Actuellement,
l'équipe d'employés réguliers est composée de
Denise Royer, à temps partiel, à l'accueil et au soutien
administratif, de France Riel et Lucie Simard, conseillères en
défense des droits, et moi-même, Jean-Luc Pinard à la
coordination. En cours d'année, nous avons également
embauché Chantal Roy, pour combler partiellement l'absence de
Lucie Simard à l'été 2006.
Ajout de personnel
En octobre
2006, nous avons présenté un projet «expérience de
travail» dans le but d'utiliser les services d'une jeune
diplômée au profit d'actions collectives de mobilisation, de
sensibilisation ou d'éducation populaire. Annie Duclos a
été embauchée pour une période de 20 semaines
à compter du 6 novembre 2006, qui s'est terminé au 31 mars 2007.
Elle a préparé, avec Doris Bisson, (qui était membre
bénévole) différents ateliers et rencontres
d'échange sur le rétablissement et les droits, elle a approfondi
la question du respect des droits dans les services d'urgence des
hôpitaux, elle a monté un sondage à administrer aux usagers
sur cette question, elle a aussi mis des efforts sur la conception et le
montage d'un journal. Annie a aussi contribué à d'autres
activités, notamment lors des travaux d'aménagement et d'agrandissement
du local.
En janvier
2007, nous avons accueilli France Riel comme employée
régulière à temps partiel. France a rapidement
intégré les fonctions de conseillère en défense des
droits et a pris en charge des dossiers d'aide et d'accompagnement.
À la
fin de mars 2007, nous avons eu l'approbation d'un projet d'emploi
subventionné à temps partiel pour développer du travail
d'organisation et d'animation à la vie associative et pour mobiliser des
personnes intéressées à s'impliquer dans l'organisme.
Doris Bisson, après avoir entrepris bénévolement ce projet
depuis octobre 2006, est maintenant embauchée à raison de 24
heures par semaine sur un projet se poursuivant jusqu’au 30 janvier
2008.
À l'automne 2006, des espaces adjacents aux locaux
du RAIDDAT ont été libérés et rendus disponibles
pour location. Offert à tarif avantageux, un local additionnel de 800
pieds carrés a été aménagé dans le cadre
d'une entente que nous avons conclue avec le propriétaire. Un nombre
important d'heures a été investi de la part de quelques
employés ainsi que des nombreuses heures bénévoles
ont été consacrées à ce projet. Un des buts de cet
agrandissement est de permettre de libérer des espaces propices au
travail en comités et à des rencontres de groupes. Ainsi, la
partie avant, anciennement consacrée à la réception,
devient disponible en tant que salle pouvant accueillir quinze personnes et
plus, ou être aménagée en fonction des activités
variées de défense collective des droits.
Dans les prochaines semaines, il est à
prévoir une utilisation plus fréquente des locaux par des
personnes que le RAIDDAT peut embaucher sur des mesures d'intégration
sociale pour participer à des activités de mobilisation,
d'information, d'échange, de sensibilisation ou autres. Les membres du
conseil d'administration ont aussi exprimé leur volonté
d'utiliser davantage ces locaux dans l'exercice de leur implication dans
l'organisme.
Dès septembre 2006, nous avons
présenté à l'Agence de la santé et des services
sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue un projet de mobilisation
régionale des personnes utilisatrices de services en santé
mentale appelé «cadre de partenariat», en collaboration avec
l'AGIDD-SMQ. Vous en trouverez la description en annexe de ce cahier.
Nous avons aussi poursuivi nos efforts pour travailler
plus étroitement avec la Table des partenaires en santé mentale
de la MRC de la Vallée de l’Or. Notre participation à leur
réunion en septembre 2006 n'a pas donné les résultats
escomptés. Dans les autres MRC de la région, des
changements organisationnels et des lenteurs dans la reprise des travaux des
tables ont fait en sorte que nous n'avons pas connu de développements de
ce côté.
Rencontres avec des équipes de
soins
À la même période, nous avons eu
des rencontres avec les équipes de soins du Pavillon de Malartic. Ces
rencontres ont donné lieu à des clarifications importantes quant
au rôle joué par le RAIDDAT et les points de vue respectifs sur
les efforts qui sont faits pour à la fois respecter les droits des
usagers et répondre à leurs besoins de soins.
Dans les mois qui ont suivi, on a pu observer un
climat amélioré lors de démarches effectuées dans
cet établissement. Des rencontres périodiques avec des
responsables de ce pavillon et avec les autorités du Centre de
santé et de services sociaux permettent d'avancer progressivement dans
des communications plus constructives sur les pratiques à
améliorer dans les unités de soins et, pour notre équipe,
sur une manière mieux acceptée de réaliser les
différents volets du mandat du RAIDDAT. En termes de résultats,
ce travail nous apparaît plus productif que les actions de
dénonciation virulentes que nous avons dû mener au cours des
années antérieures. Il faut reconnaître les efforts de
conciliation et de respect dans les communications qui ont prévalu chez
les représentants de cet établissement. Il est à noter que
le comité des usagers a été invité à
être présent et que sa représentante a participé
à la plupart des rencontres.
Centre de santé
et de services sociaux Rouyn-Noranda
Tout au long de l'année 2006, nous avons eu des
entretiens réguliers à une fréquence mensuelle avec la
personne responsable des services de santé mentale du Centre de
santé et de services sociaux de Rouyn-Noranda. Ces rencontres ont pris
fin en décembre 2006 avec son départ à la retraite mais
elles devraient se poursuivre, en vertu d'ententes prises récemment avec
sa remplaçante. Ce travail d'action systémique a permis, depuis
plus de six ans, de promouvoir des changements dans les pratiques de soins
ainsi que dans nécessaire complémentarité de nos
rôles lorsqu'une personne hospitalisée nécessite de
l'assistance pour l'exercice de ses droits. Il en a résulté une
vigilance accrue chez plusieurs intervenants cliniques et à une hausse
importante des références de leur part, plus visible en
2005-2006. Mentionnons aussi la possibilité pour les personnes de
bien défendre leur point de vue au tribunal lors de requêtes pour
garde en établissement ou pour autorisation de soins. Dans plusieurs
cas, le fait de se mobiliser pour défendre leurs droits aura permis aux
personnes de reprendre confiance en elles-mêmes et de mieux accomplir un
rétablissement qui apparaissait jusque là compromis.
Pour la défense collective des droits, les plus
grands succès que nous avons connus se sont confirmés en 2006 et
sont les résultats des efforts que nous avons mis à
négocier avec nos interlocuteurs des conditions de communication
acceptables de part et d'autre, dans le but de mobiliser leur personnel pour un
meilleur respect des droits des usagers.
Au cours de l'année 2006, nous avons
participé aux travaux de l'équipe de préparation à
l'agrément (Conseil canadien d’agrément) pour le volet
santé mentale du Centre de santé et de services sociaux de
Rouyn-Noranda. Cette expérience donne lieu à des questionnements
et à une mobilisation des intervenants en faveur de services plus
respectueux des droits et de la dignité de la personne. Ceci nous permet
d'agir directement auprès des personnes-clés et des organisations
où des changements significatifs sont ciblés, plutôt que
d'adopter une approche de confrontation conflictuelle ayant
démontré des lacunes importantes dans l'histoire du RAIDDAT. Lors
de rencontres prévues à cet effet, nous avons discuté avec
les responsables d'un autre établissement dans le but de s'engager dans
un processus similaire. Nous souhaitons la collaboration des autres centres de
santé et de services sociaux lorsqu'ils entreprennent une
démarche d'agrément.
Dans le même ordre d'idées,
l'équipe du RAIDDAT a été invitée à
participer aux sessions de formation données à l'interne de cet
établissement sur les orientations ministérielles pour la
réduction des mesures de contrôle que sont l'isolement, la
contention et l'utilisation de substances chimiques à cette fin. Voila
une manière cohérente et efficace de jumeler des objectifs
d'amélioration des soins et le respect des droits, notamment en y
associant les efforts de nos organisations respectives.
Concernant les pratiques de contention et d'isolement,
nous avons aussi participé le 22 septembre 2006 à une
journée de formation régionale organisée par l'Ordre des
infirmières et infirmiers du Québec, section régionale.
Nous y avons pris part activement et distribué du matériel de
sensibilisation à environ 200 participants oeuvrant dans
différents milieux cliniques de la région.
Nous remercions les responsables pour leur
collaboration, il nous apparaît que ce type d'action est porteur de
résultats tangibles. Par des rencontres régulières avec
certains responsables de soins (à Malartic et à Rouyn-Noranda),
nous avons continué d'insister sur la nécessité de
réduire le recours à ces mesures de contrôle. Nous
remarquons maintenant le recours plus fréquent à des services
privés : un agent demeure en permanence auprès d'une
personne lorsqu'elle manifeste un état de dangerosité importante.
Dès octobre 2006, nous avons repris les
activités de formation sur la santé mentale et les droits que
nous offrons aux étudiants des niveaux 4 et 5 des écoles
secondaires de Rouyn-Noranda et de Val d'Or. Avec la collaboration des
enseignantes, plus de 300 jeunes ont l'occasion d'améliorer leur
connaissance des droits et des enjeux spécifiques au fait de vivre des
problèmes de santé mentale. Cette année, la qualité
des échanges a été remarquable et se reflète dans
les évaluations des étudiants. C'est une action qui pourrait
aussi être étendus à d'autres milieux d'enseignement.
En octobre 2006, nous avons collaboré, dans le
cadre de la tenue d'une conférence de presse donnée par monsieur
Frédéric Provencher, à informer et à sensibiliser
le public relativement aux recours à utiliser lorsqu'un enfant ou un
adolescent voit se santé mentale menacée par des
négligences ou des abus de professionnels de l'enseignement. Le
matériel d'information préparé par ce citoyen sera fort
utile pour des parents qui veulent questionner ou faire modifier des pratiques
éducatives potentiellement préjudiciables ou abusives quant au
respect des droits des enfants.
Nous avons chaque année dans la région
la chance d'accueillir des éditeurs et des auteurs dans le cadre d'une
activité régionale qui se tient alternativement dans les
différentes villes de la région. En 2006, le RAIDDAT a tenu un
kiosque d'informations à Ville-Marie, où nous avons
distribué plus de 2000 dépliants en mains propres au public et
engagé la conversation pour donner des informations sur la mission de l'organisme.
C'est une visibilité et un contact direct avec la population que nous
cherchons à renouveler à chaque année. Plus de 10 000
personnes ont visité la kiosque de Ville-Marie en 2006, plus de
18 000 personnes ont visité le Salon du Livre 2007 à
Rouyn-Noranda. Nous y étions avec le même enthousiasme. Merci
à Doris Bisson qui a fait un travail de communication remarquable ainsi
qu'à Nicole Rousson et Martine Cadieux qui sont aussi venues rencontrer
le public pour faire connaître le RAIDDAT.
Cette année, nous avons remarqué que
plus de la moitié des personnes rencontrées connaissaient bien le
RAIDDAT, cette connaissance étant le plus souvent associés avec
le fait que les personnes résidaient dans les environs de Rouyn-Noranda.
Doris Bisson et moi-même Jean-Luc Pinard
soutenons encore la démarche initiée l'Agence de
développement de réseaux locaux de services de santé et de
services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue pour promouvoir la mise en
place d'un cadre de référence régional sur l'appropriation
du pouvoir. Des rencontres régulières ont permis
d'organiser la tenue d'une formation qui aura lieu à l'automne pour un
groupe d'intervenants, en lien avec le projet de cadre de partenariat
proposé par le RAIDDAT.
Défense des droits –
Demandes d’aide
L'année 2006-2007 a suivi une période
où les demandes d’aide individuelles avaient été en
très forte hausse. Cette situation s'est atténuée à
l'été 2006 entre autres avec l'absence prolongée de Lucie
Simard de mai à octobre, pour des raisons de santé. La période
la plus intense des demandes a été celle de janvier à
avril 2007, alors que les deux conseillères ont travaillé en
étroite collaboration et que l'on a connu une hausse des demandes
d'aide.
À Rouyn-Noranda, les visites hebdomadaires des
conseillères dans l'unité interne de psychiatrie du Centre de
santé et de services sociaux se poursuivent et permettent que des
personnes puissent faire directement appel au RAIDDAT. Cette année, la
proportion des hommes qui ont eu recours à l'organisme se situe à
38,5% du total des demandes, comparativement à 61,5% de femmes.
Vous trouverez à la fin de ce rapport un
tableau illustrant les demandes d'aide pour cette année,
réparties par territoire de MRC. Le total des personnes
nécessitant un accompagnement cette année est de 340 personnes,
ce qui constitue une légère augmentation par rapport à
2005 et une diminution importante par rapport à l'année
exceptionnelle que nous avons connue l'an dernier. Il faut se rendre compte de
toute l'importance du travail de représentation qui doit être fait
par les membres de l'équipe, mais aussi par les administrateurs et les
militants et rappeler aux gens l'utilité de s'associer au RAIDDAT pour
la défense des droits en santé mentale. Nous voyons encore cette
année que cet objectif est atteint pour la MRC de Rouyn-Noranda mais il
demande encore à être consolidé dans les autres MRC de la
région.
Un grand nombre des appels font l’objet
d’une demande d’informations ou encore d’une intervention
ponctuelle via un simple appel en conférence avec une
personne-ressource: c'est à dire les gens qui offrent des services et
qui disposent des réponses appropriées ou encore des avocats ou
autres ressources de protection des droits. Pour les fins de statistiques, nous
comptabilisons uniquement les demandes qui ont nécessité plus
d'une démarche et qui nécessitent pour certaine d'entre eux des
démarches d'aide pouvant s'échelonner sur plusieurs semaines.
Les droits des personnes :
exemples des cas les plus fréquents
Le
consentement aux soins et la participation aux traitements : un patient
captif d'un milieu de soins psychiatriques doit pouvoir EN TOUT TEMPS consentir
à ses soins ou jouir de protection et d'assistance pour la connaissance
et le respect de ses droits.
Le droit
à une protection adéquate du tuteur ou du curateur, incluant le
Curateur public, pour que le personne ne subisse pas des traitements allant
à l'encontre de ses droits fondamentaux, par exemple, des mesures
punitives ou comportementales non consenties.
Assistances
au tribunal lors de requêtes, garde en établissement, ordonnances
de soins.
Aide et
démarches pour demandes de transferts dans un autre hôpital.
Assistance
pour trouver de l'hébergement.
Assistance
pour gérer son consentement à la médication, respect des intervenants
des principes de gestion autonome de la médication.
Le droit de
faire valoir son point de vue et de contester s'il y a lieu une demande
d’ordonnance de soins, de traitement ou d'encadrement (en
général demandée pour une période de trois ans)
imposés par le Tribunal.
Le droit
à la liberté et la dignité versus les gardes en
établissement, non consenties par le personne.
Le droit au
libre choix du professionnel et la possibilité d’établir un
lien de confiance avec le médecin ou le thérapeute, la
possibilité d'obtenir des soins en dehors de sa localité, si
désiré : assistance pour changer de psychiatre.
Les droits
sociaux tels la sécurité du revenu, le travail, CNT, CSST,
de même que les problématiques touchant le harcèlement au
travail, les litiges avec les firmes d'assurance invalidité et les
insatisfactions envers certains syndicats.
Personnes
victimes de vols, abus ou exploitation.
Négocier
une réintégration au travail après une dépression,
dans un climat sain et exempt de pressions excessives.
Assistance
pour des demandes de reconnaissance des incapacités, programme Soutien
financier, en lien avec les évaluations médicales et les
médecins de l'aide sociale.
Litiges
opposant des usagers de services en santé mentale et les services de
protection de la jeunesse, exemple une mère qui se voit retirée
la garde de ses enfants.
Nous avons
aussi à conseiller et à accompagner des personnes qui,
éprouvant des troubles mentaux, doivent se présenter au tribunal
pour toute autre question, criminelle, civile ou familiale.
Notre première tâche est de faire en
sorte que la personne connaisse ses droits et qu’elle se sente en
confiance pour en exiger le respect, alors qu’elle est dans une situation
de perte d'énergie, de vulnérabilité et de
dépendance. Il faut souligner que la majorité des personnes que
nous accompagnons obtiennent gain de cause et nous témoignent de leur
satisfaction. Ceci a comme effet que plusieurs intervenants
réfèrent des gens au RAIDDAT pour agir sur des situations qui
dépassent leur champ d'action. Des personnes appellent aussi pour
obtenir de l'assistance pour un proche en difficulté. Nous aidons un
nombre croissant de parents et de proches. Nous répondons à
toutes les demandes d'aide ou d'informations, y compris lorsque des personnes
oeuvrant dans le réseau de la santé nous contactent sous le
couvert le la confidentialité.
Le processus de plainte: lorsqu’une personne ou
un groupe de personnes nous contacte pour dénoncer une situation, nous
l’assistons dans le processus de plainte approprié. De plus en
plus, un choix est donné à la personne de procéder avec
notre aide ou avec celle du CAAP Abitibi-Témiscamingue. Lorsque la
plainte est de nature à mener à une action systémique,
nous informons les personnes de l’importance pour l’organisme
RAIDDAT de garder le lien nécessaire à la poursuite d’un
travail constructif pour le changement des pratiques.
C'est avec modestie que nous devons
rendre compte des activités de l'année 2006-2007, car les efforts
mis par le personnel et différentes personnes bénévoles se
sont avérés insuffisants pour mener à terme tous les
projets que nous avions proposés. Nous devons réaliser
l'extrême importance de l'appui des administrateurs et de tous les
membres du RAIDDAT pour mener à terme les importants défis que
nous nous sommes donnés. Il nous faut dès maintenant faire appel
à votre participation sur des comités et puis vous assurer d'un
suivi. L'année 2007-2008 devrait être marquée par un regain
de participation collective, à Rouyn-Noranda et aussi dans les autres
localités de la région. Nous avons maintenant des ressources
humaines et des infrastructures adéquates pour aller plus loin dans ce
sens.
Voici une demande qui est plus que
jamais d’actualité : dans votre milieu, dans votre
localité, des personnes ont besoin d'appui pour défendre leurs
droits, d'autres ont besoin de s'engager plus activement pour affirmer et
mettre en pratique leurs convictions, pour être administrateurs ou pour
s'engager dans des comités, continuez à les mettre en contact
avec nous, votre rôle est indispensable pour la poursuite de la mission
qui nous tient à cœur.
Jean-Luc Pinard, coordonnateur
RAIDDAT
Ressource d'aide et d'information en
défense des droits de l'Abitibi-Témiscamingue
/JLP