| Rapport d'activités
2001-2002 |
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| Rouyn-Noranda, le 14 juin 2002 | Retour à la page d'accueil |
1. Présentation
2. Mandat de l'organisme
3. Mission
4. L’équipe
5. Faits
marquants, 2001-2002
6. Les
activités de promotion
7. Dossiers
d'importance
8. Mobilisation
et action collective
9. Activités
de concertation
10.Défense
des droits – Demandes d’aide
11. Priorités 2002-2003
1. Présentation
retour au début
Cette année, l’organisme a fonctionné avec
des ressources réduites, dans un contexte où les besoins
et les dépenses ont tendance à augmenter. Un ajout
de subvention non-récurrente en fin d’année nous a permis
de rattraper certains retards et de finir l’année en beauté.
Mentionnons toutefois que cette année encore, le rapport d’activité
témoigne de nos efforts pour réaliser une mission régionale
avec de ressources à peine suffisantes pour couvrir l’ensemble de
notre mandat dans la seule MRC de Rouyn-noranda. Rappelons donc le
mandat et la mission du RAIDDAT.
Le mandat d'aide et d'accompagnement qui est confié au RAIDDAT par le Ministère de la santé et des services sociaux vise à informer et à soutenir la personne dans ses démarches. C'est un mécanisme qui assure l'accès aux recours existants. Il comporte cinq volets.
L'aide consiste à informer, préparer et entraîner la personne pour qu'elle puisse accomplir elle-même les démarches requises par la situation.
L'accompagnement consiste à être présent avec la personne et l'assister dans toute démarche visant l'expression d'une requête ou l'utilisation d'un recours.
L'intervention pro-active consiste à intervenir, de manière exceptionnelle, à la place de la personne lorsque celle-ci ne dispose pas des moyens nécessaires pour solliciter une aide.
L'action collective, c'est l'intervention faite au bénéfice d'un groupe de personnes ou d'individus isolés dont les problèmes sont de même nature.
L'action systémique questionne le milieu d'intervention dans ses façons de faire en mettant en cause le bien-fondé ou l'application d'un règlement ou d'une politique ou encore l'organisation des services d'une région.
La démarche d'aide et d'accompagnement doit assurer que l'ensemble
des citoyens et citoyennes bénéficient d'un même respect
et d'un accès égal aux recours.
De plus, un aspect important de la mission du RAIDDAT est de favoriser
la participation des personnes à tous les niveaux des structures
de consultation, de décision et d’évaluation des services
dont elles sont les utilisatrices.
En ce moment, nous avons la joie de retrouver Lucie Simard, adjointe à l’accueil et à l’accompagnement, de retour après plusieurs semaines de congé pour des raisons de santé. Lucie est celle qui apporte une première réponse à la plupart des demandes téléphoniques ainsi qu’aux personnes qui se présentent au local. Elle s’occupe aussi de l’administration courante et du secrétariat, elle travaille actuellement à raison de 20hrs/semaine.
Enfin, la coordination et la défense des droits, dans les cinq volets du mandat, est assumée par moi, Jean-Luc Pinard, à titre de coordonnateur. Bien sûr, un nombre grandissant de tâches sont déléguées lorsque c’est possible, avec la supervision nécessaire. Les interventions se font principalement à distance, mais nous nous déplaçons selon la gravité du dossier et si les circonstances le permettent. Les accompagnements en dehors de la MRC de Rouyn-Noranda sont exceptionnels, ceci pour des raisons budgétaires. Ma tâche actuelle est de 35hrs/semaine.
Je poursuis aussi des activités extra-régionales comme
administrateur de l’AGIDD-SMQ, l’Association des groupes d’intervention
en défense des droits en santé mentale du Québec.
L’expertise acquise et le travail régulier sur des dossiers politiques
est un atout précieux pour la défense des droits en région.
J’ai aussi été nommé membre du Comité de la
santé mentale du Québec en février 2002. Avec
le Groupe d’appui, le CSMQ est un des principaux groupes aviseurs des Ministres
de la santé, en matière de santé mentale. Là
encore, l’expertise qu’on y développe rejaillit sur le travail en
région.
Cette année marque un pas important dans l’expression et l’engagement des personnes pour faire état de leur vécu, de leurs besoins et de leur volonté de s’impliquer dans les structures décisionnelles qui les concernent. Nous avons aussi contribué à deux journées spécifiques d’activités sur le thème de l’appropriation du pouvoir, dont l’une entièrement organisée par le RAIDDAT, le 21 mars 2002.
Lorsque nous le pouvons, nous visitons aussi des organismes communautaires pour informer leurs membres et être sensibilisés par leur vécu et leurs questions. Nous entretenons aussi des liens de collaboration avec les établissements hospitaliers qui apprécient mieux connaître les approches et l’expertise de l’organisme.
La question des pratiques et du respect de la personne à l’intérieur des départements internes de psychiatrie continue aussi de nous préoccuper. Il nous est souvent ardu de connaître réellement les conditions dans lesquelles les personnes sont gardées en milieu hospitalier. Cette année, nous avons sollicité et effectué une visite des installations situées à Malartic. Nous avons posé des questions aux autorités, concernant les pratiques d’isolement et de retraits en chambre. Nous avons obtenu peu de réponses satisfaisantes, sinon qu’il n’existait aucune jurisprudence à cet égard. Nous avons continué de sensibiliser l’établissement et nous nous sommes aussi adressés à la représentante du Curateur public. Nous n’avons pas obtenu de suivi satisfaisant sur cette question. Nous en avons conclu qu’il nous faut encore approfondir ce dossier jusqu’à ce que des solutions émergent.
En janvier 2002, nous avons été informés à l’effet qu’une patiente se serait suicidée à la suite d’un régime sévère de retrait en chambre et à un blocus des communications avec les personnes supportantes de sa famille. Grâce à la détermination sans faille de la sœur de la personne décédée, nous avons pu nous adresser conjointement au Coroner en chef pour demander une enquête sur ce suicide et, par le fait même, demander que l’on examine les pratiques des centre hospitaliers concernés, dont celui situé à Malartic. Nous souhaitons qu’une enquête publique, confirmée le 31 mai 2002 par le Ministère de la sécurité publique puisse se tenir dans un avenir rapproché.
En ce qui concerne la garde en établissement, nous avons fait
des interventions dans le but que toute personne faisant l’objet d’une
requête de garde ne subisse aucune entrave quant à son droit
de faire valoir son point de vue et d’être présente au Tribunal
lors de l’ordonnance de garde. Nous avons dénoncé des
frais de taxi qui leur étaient chargés pour s’y rendre en
compagnie d’un infirmier. Cette question semble être résolue.
Toutefois, il nous faut rester vigilants et voir à ce que les personnes
qui font l’objet d’une privation de liberté aient toute l’aide et
l’assistance nécessaire pour se présenter à la Cour
et faire valoir leurs droits. Le RAIDDAT souhaite être informé
de toute situation problématique et intervenir en conséquence.
Nous sommes encore témoins de situations de détention en
milieu hospitalier qui nous apparaissent non justifiées relativement
au motif ou à la durée.
Nous avons également engagé et poursuivi des liens de
collaboration avec des familles, des proches et avec leurs associations,
dans le but d’approfondir nos connaissances respectives et notre compréhension
des enjeux, des souffrances et des inquiétudes qui les touchent.
Nous réalisons que le souci des familles peut s’exprimer en région
en harmonie avec la connaissance et le respect des droits des personnes.
La solidarité s’intensifie pour revendiquer des services de meilleure
qualité.
La participation des personnes concernées devrait favoriser un changement dans le discours et dans la façon d’organiser et d’offrir les services. Les dossiers politiques tiennent une place importante et il nous apparaît que la participation des personnes utilisatrices des services à ces rencontres est maintenant incontournable. Un groupe de travail a été mis sur pied par la Régie régionale, auquel nous participons et qui devrait, dans les prochains mois, promouvoir un cadre de référence favorisant la participation des personnes.
Au RAIDDAT, on a comme mission de veiller au respect des personnes et
de leurs droits, notamment dans leurs parcours au sein des services de
santé mentale. Une structure de réseau intégré
de service doit continuer à nous questionner à savoir si
c’est réellement la voie à suivre pour assurer une réponse
adéquate et respectueuse aux personnes qui vivent des problèmes
de santé mentale.
Dans plus de la moitié des cas, nous faisons une intervention téléphonique, conjointement avec la personne. Si la situation demande d’intervenir davantage, c’est ce que nous appelons un suivi ou un accompagnement. Seules des situations exceptionnelles justifient un déplacement à l’extérieur de la MRC de Rouyn-Noranda, en raison des budgets restreints.
Cette année, nous avons répondu à 73 demandes impliquant
suivis ou accompagnements, ce qui inclut quelques dossiers complexes nécessitant
des recherches et plusieurs jours de travail.
Conclusion
- Accentuer la vigilance de l’organisme quant aux pratiques psychiatriques en centre hospitalier.
- Questionner le milieu et proposer une réflexion critique sur les pratiques de réseau intégré de services, en lien avec le respect des droits.
- Aider à la mobilisation des personnes pour leur participation aux structures de concertation et à l’appropriation du pouvoir.
- Maintenir une disponibilité de services continus d’aide et d’accompagnement, selon la mission de l’organisme et malgré des budgets restreints.
Il n’est pas facile de résumer en quelques pages les efforts de plusieurs personnes au service d’une cause et d’une mission qui s’articulent de plusieurs façons. L’enracinement de l’organisme dans la population et le fait que le RAIDDAT est davantage connu des personnes concernées, ça en dit long sur le chemin parcouru. Est-ce que le respect des droits s’améliore pour autant ? Qu’en pensez-vous ?Nous pouvons seulement conclure à l’effet que nous recevons davantage de témoignages positifs et que nous constatons aussi une amélioration dans la qualité des communications avec différents partenaires. Ce respect accru pour la mission du RAIDDAT augure-t-il des pratiques plus respectueuses des droits des personnes ? Plus que jamais, nous avons besoin de la collaboration et de la vigilance de tous pour que cet idéal gagne du terrain dans tous les milieux où la personne souffrant de problèmes de santé mentale s’adresse pour avoir de l’aide.
Jean-Luc Pinard,
coordonnateur, RAIDDAT
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Adopté par le conseil d'administration,le 13 juin 2002, adopté par l'assemblée générale, à Rouyn-Noranda, le 14 juin 2002