Petit historique de CVER, ou
"10 petits trucs pour chasser un incinérateur de BPC de sa cours"



La naissance d'un groupe environnemental advient la plupart du temps à un moment tout à fait opportun, c'est-à-dire lorsque cet environnement se trouve menacé par une quelconque activité humaine et, de préférence, lorsque l'on peut désigner un "coupable" assez aisément.   La nature humaine est ainsi faite : on tient soudainement très fort à ce que l'on risque de perdre,
et d'autre part très peu de gens aiment à se battre, tels Don Quichotte, contre des adversaires intangibles.  Il serait cependant de mauvaise foi d'oublier les bienfaits d'une telle action derrière laquelle on devine nos charmants travers humains.

Donc, la naissance de CVER est dûe à la menace bien tangible d'un projet d'usine d'incinération de BPC, et l'histoire de cette épopée s'étale sur près de 7 ans.  Saviez-vous que Senneterre est la seule ville à avoir contré un projet d'incinération d'une telle ampleur?  Des dizaines de citoyens de cette ville et de la région se sont unis et ont livré bataille pour conserver leur qualité de vie et leur sécurité de corps et d'esprit .  Certains ont tout donné d'eux-mêmes : temps, argent et énergie.  L'histoire de ces gens est ici relatée car elle mérite de l'être, et ici et là vous trouverez quelques trucs, si jamais une telle menace arrivait par chez vous.  Bonne lecture!!
 

 1983-84                 Présentation d'un projet d'incinérateur de BPCà Senneterre paroisse par son maire, M. Jean-Marie
                               Chiasson.  L'incinérateur ne devra brûler "que les BPC de la région".  Plusieurs personnes présentes
                               s'inquiètent immédiatement des conséquences de la cohabitation avec ce futur voisin, dont Raymond
                               Bilodeau, Denis Béchard et Gabriel Roy.  Il inquiète aussi la majorité de la population de la paroisse et
                               des échevins; ceux-ci bloquent le projet au Conseil municipal.

1984-85                  Présentation du même projet d'incinérateur à Ville de Senneterre puis à la Chambre des Commerces par
                               M. Paul Mayotte, maire de Senneterre.

DATE                     Le maire s'étant personnellement engagé auprès des compagnies Sanivan et Sanexen, il présente
                              officiellement le projet lors d'une grande dégustation organisée au Club de golf.  Le Ministère de
                               l'Environnement et de la Faune (appelé le MENVIQ à cette époque) appuie le projet.  Outre Raymond
                               Bilodeau, René Ménard assiste, insatisfait, à la  période de questions.

Peu après               Ville de Senneterre forme un comité de surveillance environnementale (à ne pas confondre,
                              cependant, avec CVER) du projet dont M. Raymond Bilodeau assure la présidence.  S'y retrouvent aussi
                              Mme Chapman, Mme Sawyer, M. Maurice X  (Moustache, (pompier).

DATE                    M. Jake Roulo entend parler du projet et contacte Raymond Bilodeau pour connaître son point de vue.
                              Ensemble, ils décident d'organiser des assemblées réunissant les personnes opposées au projet.  Les
                              premières assemblées ont lieu à la résidence de M. Louis-Paul Dionne, maire sortant de Senneterre, où se
                              présentent aussi :

DATE                    Dès la troisième assemblée, un nom ressort pour désigner leur groupe : le CVER (Comité de Vigilance
                              environnementale régional).  Jake Roulo assure bientôt la présidence du groupe.

DATE                    Le comité de surveillance municipal est invité en Arkansas, tous frais payés, afin de visiter une petite
                              municipalité où opère un incinérateur similaire à celui qu'on veut implanter à Senneterre.  Le rapport de M.
                              Bilodeau est nettement négatif, quoique en désaccord avec plusieurs autres membres pro-projet du
                              Comité de surveillance.   Devant cette opposition, Bilodeau démissionne de son poste et se consacre
                              entièrement à CVER.

DATE                     Le CVER, tout au long de sa démarche, fait des pieds et des mains pour alerter les gens de l'extérieur de
                               la région et d'ailleurs, même à l'extérieurs du pays.  Il accumule les informations, envoie maints dépliants et
                               accorde plusieurs entrevues.

                            CVER mène aussi à terme la signature d'une pétition de plus de 700 noms (rappelons que Senneterre
                               comptait à cette époque quelques 4 000 habitants) afin d'exiger la tenue d'un référendum sur la venue du
                               projet.  La démarche est étouffée par Ville de Senneterre.
 

DATE                     Devant un tel refus, le groupe décide de fonder un Front Commun auquel se joignent les directions
                               régionales de l'UPA (Union des producteurs agricoles), de la CSN, de la CEQ et, bien sûr, le CVER.

DATE                     CVER et le Front Commun, dans leur besoin de trouver un appui à l'extérieur de la municipalité,
                               obtiennent un temps d'audience à l'assemblée de l'Hôtel de Ville de Val-d'Or.  Au terme de l'entretient, le
                               conseil municipal adopte la position de CVER et le soutiendra jusqu'à la fin de la lutte, y compris le maire
                               André Pelletier qui fut auparavant un des partisans de la construction de l'incinérateur.

DATE                    Injonction
 

DATE                     Un peu plus tard dans la saison, CVER organise une grande marche de manifestation à Val-d'Or, à
                                laquelle participe le REVE (Regroupement des écologistes de Val-d'Or et des environs).

                               À Senneterre, le climat se détériore au fils des actions et interventions de CVER ; pour rejoindre l'autobus
                               qui les mènera à Val-d'Or, les opposants doivent se frayer un chemin à travers les citoyens de Senneterre
                               qui souhaitent l'incinérateur.  Les trottoirs sont bondés, ces gens les bousculent.  Plus de XXXXX
                               personnes marcheront néanmoins pour manifester leur désapprobation envers l'incinération de BPC tout
                               près de chez eux.

DATE                     Entre temps, la construction de l'incinérateur se termine et Sanexen remporte un appel à l'injonction levée
                               contre eux.  L'incinérateur peut recevoir et entreposer les BPC, en dépit du fait que le traitement même
                               des BPC soit interdit.  Les municipalités riveraines qui bordent la route menant lesBPC vers
                               l'Abitibi-Témiscamingue (Mont Laurier, St-Jovite, St-Sauveur, etc.),  également en désaccord avec la
                               construction de l'incinérateur, forment une coalition pour bloquer le passage des transporteurs.  Et les
                               dépliants continuent de se disperser un peu partout…

DATE                    CVER apprend entre les branches qu'un arrivage de BPC aura quand même lieu au matin suivant.
                               Sachant la route de Mont Laurier bloquée, la rumeur veut que les substances seront acheminées par la
                               route du Lac-St-Jean, passant par Chibougamau, Lebel-sur-Quévillon et… Waswanipi.  L'endroit
                               semble approprié pour former un barrage, les tenants de l'opposition en profitent.  Avec la collaboration
                               des communautés autochtones (cries, algonquines?) de Waswanipi, toute la nuit plus de XXXX
                               personnes formeront un blocus sur la route 137 NORD (?), entre Lebel-sur-Quévillon et Chibougamau.

Pendant la nuit…     Qu'à cela ne tienne, les dirigeants de l'usine d'incinération font parvenir l'approvisionnement par
                                hélicoptère, illégalement, il va sans dire, puisque le Règlement sur le transport des matières dangereuses
                                (R.R.Q.,c. Q-2, r.20) interdit ce mode de transport pour ces matières.

DATE                     Ouverture de la Commission Charbonneau, une commission ayant pour mission d'évaluer la pertinence du
                               maintient du projet.  La Commission se tient à plusieurs endroits à travers la province pour entendre les
                               mémoires des participants.  CVER présente un mémoire à la séance qui est tenue à Val-d'Or.

DATE                     Jugement de la Cours du Québec : une injonction permanente est imposée à l'endroit de l'usine
                               d'incinération de BPC de Senneterre.

DATE                     Les promoteurs abandonnent le projet.  Victoire!!
 
 





Les 10 petits trucs pour chasser un incinérateur de BPC de sa cours

Truc no.1
Prendre conscience que rien n'est impossible.  Si vous vous découragez à la première embûche...

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Truc no.2
Savoir de quoi il en retourne vraiment. En clair, s'informer.

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Truc no.3
Se regrouper entre gens qui sont du même avis… en tout cas, pour le moment.

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Truc no.4
Avoir de bons membres (i.e. un membre propriétaire d'une salle, un membre avocat, un membre plein aux as, un membre qui écrit bien, un membre infiltré, etc.).

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Truc no.5
S'officialiser, nécessaire pour le truc no.6.

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Truc no.6
Se faire connaître et alerter le plus de gens possible.

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Truc no.7
Utiliser les moyens de pression courants (la pétition et la manifestation sont des classiques du genre).

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Truc no.8
Conclure des alliances (groupes sociaux, corporations, autorités politiques).  Les bons amis ne sont pas tous membres!!!

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Truc no.9
Intenter une action en Cours (notons que le membre avocat peut être très utile à cette occasion)

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Truc no.10
Prendre les grands moyens, s'il le faut.

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CVER
146, chemin Coinor
Senneterre, J0Y 2M0
tél &fax 819-737-8605