Amateurs de chasse ou non, la plupart des Nord-Américains et des Nord-Américaines connaissent très bien le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus). Lorsqu’il prend la fuite, cet élégant cervidé a l’habitude de relever la queue, dont le dessous est blanc, révélant un postérieur de la même couleur. Cette queue, qui rappelle un drapeau flottant au vent, a une large base et mesure près de 30 cm de longueur. Abaissée, elle est brune ourlée de blanc.
En été, le ventre du cerf de Virginie est blanchâtre, et le dos et les flancs sont roussâtres. Cependant, l’hiver venu, la fourrure (pelage) des parties supérieures du corps prend une teinte grisâtre. La hauteur au garrot des mâles adultes dépasse souvent 1 m, et leur poids excède généralement 110 kg. Cependant, dans le nord de l’aire de répartition de l’espèce, certains individus atteignent un poids exceptionnel de 200 kg.
Les bois du cerf adulte mâle consistent en une tige centrale, que l’on appelle merrain, recourbée vers l’avant et garnie d’andouillers ou de cors simples qui pointent vers le haut et s’inclinent souvent légèrement vers l’intérieur. Une femelle sur 1 000 peut aussi porter de petits bois simples.
En été, à peu près toute étendue boisée ou broussailleuse qui offre une pâture abondante peut servir d’habitat aux cerfs de Virginie. En hiver, à mesure que la couche de neige s’épaissit, ils se rassemblent dans des quartiers d’hivernage (appelés aussi « ravages »), qui leur offrent de la nourriture et un abri contre les tempêtes et les amoncellements de neige. La migration de leur habitat d’été vers leur lieu d’hivernage les oblige parfois à parcourir de nombreux kilomètres.
La biche laisse parfois ses petits sans surveillance pendant des heures. Tant que les faons se tapissent immobiles dans les broussailles, leur livrée tachetée se confond avec le décor environnant. En outre, ils ne dégagent presque pas d’odeur, ce qui les protège d’autant plus des prédateurs. Leur mère revient les allaiter de temps à autre.
C’est au cours de ces premières semaines que les gens, découvrant par hasard des faons seuls dans leur cachette, s’imaginent faussement que la biche les a abandonnés. De fait, il est rare qu’une biche délaisse ses petits. Il faut donc s’abstenir de les toucher, car la mère, alertée par l’odeur humaine qui se dégage du faon, pourrait l’abandonner sur place.
Le printemps et l’été, le régime alimentaire du cerf de Virginie se compose de feuillage provenant de plantes ligneuses, de graminées, d’herbages et de plantes à feuilles larges. Il se régale aussi d’aliments plus fins comme les crosses de fougère, les champignons et les bleuets. L’automne, presque toute la verdure succulente de l’été brunit et s’assèche; le cerf doit alors tirer sa subsistance des rameaux et des bourgeons qui sont à sa portée. Dans l’Est du Canada, les cerfs de Virginie raffolent des glands pendant l’hiver. Dans l’Ouest, durant l’automne et l’hiver, ils sont attirés par le grain laissé dans les champs. Même l’hiver, ils se nourrissent de pâture verte comme des plantes à feuilles larges, des graminées et des carex rustiques.
La quantité de pâture est limitée, même dans les aires d’hivernage les plus favorables. S’il y a surpopulation, la nourriture à haute valeur nutritive s’épuise rapidement; bientôt, les hardes ne disposent plus, pour le reste de l’hiver, que d’une maigre pitance de qualité médiocre. L’épaisseur de la neige aggrave le problème. Lorsque la couche de neige atteint plus de 40 cm, l’animal a beaucoup de peine à se déplacer et tend à emprunter les sentiers battus. La pâture dont il dispose en bordure de ces sentiers est limitée, tant en quantité qu’en qualité, au moment même où il a besoin d’un surcroît d’énergie pour endurer le froid intense et fournir le surplus d’efforts qu’exigent les déplacements en cette saison.
Il tire une partie de cette énergie de la transformation des réserves de matières grasses accumulées à la fin de l’été et au début de l’automne, mais à mesure que ces réserves d’énergie s’épuisent, les chances de survie de l’animal jusqu’au printemps diminuent. Elles s’amenuisent encore davantage si, faute de pâture, le cerf en vient à tirer son énergie de sa masse musculaire. Il n’est pas étonnant qu’au terme d’un hiver rigoureux, les survivants émaciés ne soient plus que l’ombre des bêtes splendides et vigoureuses qu’ils étaient à l’automne. Mais le retour du printemps les tire de leur détresse.
Le cerf est un animal prolifique. Une harde en bonne santé peut presque doubler en nombre au cours d’une année propice. Dans des conditions favorables, les femelles peuvent s’accoupler dès l’âge de six ou de sept mois et donner naissance à un faon dès l’âge de 12 mois (à cet âge, elles ne donnent naissance qu’à un seul petit à la fois). Les faons mâles et les cerfs âgés d’un an sont féconds, mais ont rarement la chance de s’accoupler..
À leur naissance, à la fin du printemps, les faons pèsent de 2 à 4 kg; leur robe est tachetée de blanc et ils vacillent sur leurs pattes. La biche peut mettre bas de la fin de mars au début d’août; toutefois, la plupart des faons naissent au cours de la dernière semaine de mai ou de la première semaine de juin. En règle générale, sur un bon territoire, la portée compte deux petits, mais souvent elle est simple chez les jeunes biches, particulièrement chez celles qui mettent bas pour la première fois. On trouve des triplets à l’occasion, mais les quadruplets sont rares. Sur les territoires pauvres en nourriture ou après un hiver rigoureux, les naissances uniques sont plus fréquentes que les portées de deux petits, et les naissances multiples ne se produisent pas.
Le faon peut se dresser sur ses pattes quelques minutes après la naissance pour se nourrir du riche lait de sa mère, mais il reste relativement faible au cours de sa première semaine de vie.
Dès qu’il prend des forces, le faon commence à accompagner sa mère lorsqu’elle part à la recherche de nourriture et il apprend bientôt à ajouter à sa consommation de lait le broutage de plantes succulentes. À la même époque, la biche, comme tous les autres adultes de la harde, se nourrit sans arrêt de nouvelles pousses printanières. Son pelage gris, rude et miteux de l’hiver fait place peu à peu à la belle robe rousse de l’été, et elle reprend du poids. Vers la mi-été, la biche et ses petits ont pris l’aspect robuste et le beau pelage qu’on leur connaît, grâce à la haute valeur nutritive de leur pâture.
Aux premiers jours du printemps, on voit apparaître sur l’os frontal de la tête du mâle deux petites bosses foncées, ou pivots. La croissance des bois et l’augmentation du poids de l’animal se poursuivent rapidement jusqu’au début de l’été. Les bois sont de véritables os et, pendant leur croissance, ils sont nourris aussi bien par les vaisseaux sanguins, grâce aux pédicules (structures allongées supportant un organe), que par la peau velue, ou velours, qui les recouvre. À la fin de l’été, vers la fin de leur croissance, les bois ont un aspect bulbeux et gonflé. Ils cessent de croître lorsque les jours raccourcissent.
Le velours s’assèche et commence à se détacher peu à peu du tissu dur et osseux de la tige. Pour en accélérer la chute, les mâles frottent leurs bois contre les petits arbres et les arbustes. La chute des bois, quant à elle, survient entre décembre et mars, ordinairement en janvier.
Le cerf de Virginie apparaît dans toute sa splendeur au début de l’automne, son corps dodu par les réserves de graisse qu’il a accumulées en vue des longs mois d’hiver. Son nouveau pelage, très épais, accentue la grosseur et la robustesse de son corps. Les faons ont perdu leur robe mouchetée et sont maintenant une réplique de leurs parents, en plus petit. Les trois dernières semaines de novembre marquent la saison de l’accouplement, qui s’étend parfois, dans le cas des faons et des jeunes d’un an, jusqu’en décembre et plus rarement, jusqu’en janvier. Au Canada, la saison du rut (période d’activité sexuelle des mammifères) atteint son apogée pendant les deux dernières semaines de novembre; on note toutefois une plus grande variabilité dans le Sud des États-Unis. Les mâles, le cou gonflé par les hormones du rut, se déplacent presque sans cesse en quête de femelles, engageant des combats rituels avec leurs rivaux. Le rituel dégénère à l’occasion en un véritable affrontement, au cours duquel les bois s’entremêlent parfois inextricablement, condamnant les adversaires à une mort lente.
Source : Faune et Flore du Pays
Faune et Flore du Pays
Chevreuil.net
Wikipedia
Le Gite du Rêveur
CyberZoo
Université Laval
Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec
Musée canadien de la Nature
New Hampshire Public Television