Ainsi commencera, pour des milliers de Canadiens et de Canadiennes d'origine chinoise, l'année du Tigre qui, à l'instar de cet animal, promet d'être « déchaînée ».
De tout à rien
Le Tigre, le Rat, le Buffle, le Lièvre,
le Dragon, le Serpent, le Cheval, la Chèvre, le Singe, le
Coq, le Chien et le Cochon sont les 12 animaux de l'horoscope chinois.
Inscrite dans un cycle de 12 ans, chaque année du
calendrier chinois est placée sous le signe de l'une de
ces bêtes et est réputée posséder les
caractéristiques de son éponyme.
Ainsi, l'année du Tigre est explosive. Selon Theodora Lau,
l'auteure du Grand livre des horoscopes chinois, c'est
« une année fertile en guerres, en
mésententes et en désastres de toutes sortes. [...]
Elle commence habituellement sur un coup d'éclat, mais
elle se termine dans un climat plus calme. [...] On n'y ira pas de
main morte. Absolument tout, les bonnes choses comme les mauvaises,
sera poussé à l'extrême limite. »
Durant l'année du Tigre, des fortunes sont acquises et
perdues; les gens prennent des décisions radicales, et les
sautes d'humeur sont fréquentes. Mme Lau
ajoute : « Comme le Tigre, nous aurons tendance à
foncer sans réfléchir, pour ensuite regretter notre
empressement. » Les années 1902, 1914, 1926, 1938,
1950, 1962, 1974 et 1986 étaient aussi placées sous
le signe de ce fauve.
Néanmoins, les prédictions pour 1998 ne sont
pas toutes sombres. Toujours au dire de Mme Lau :
« La puissance et la véhémence de
l'année du Tigre peuvent aussi servir à insuffler
une vigueur nouvelle à des causes perdues, à des
associations vacillantes ou à des industries en
déclin. Le temps sera favorable à d'importants
changements ou à l'annonce d'idées novatrices,
audacieuses ou particulièrement controversées. »
Une célébration du passé et de l'avenir
Vieilles de 2500 ans, les festivités de
la Nouvelle Année lunaire remontent à l'époque
du philosophe Confucius et constituent encore un élément
important de la culture de l'empire du Milieu.
La visite de la parenté en est une priorité. De
par le monde, quelque 750 millions de Chinois se réunissent
en famille à l'occasion de « la plus grande
migration annuelle sur la planète », pour renouer
avec les vieilles traditions et formuler des vux de
prospérité.
La reconnaissance du cycle de vie qui unit tous les membres
de la famille est le principal aspect des 15 jours de
festivités au cours desquels jeunes et moins jeunes rendent
hommage aux ancêtres décédés.
Le jour de l'An, magasins et entreprises ferment leurs portes et
les gens festoient en famille. Les femmes cuisent à cette
occasion des mets traditionnels, du poisson, entre autres,
symbole de l'abondance et de la réalisation des vux.
L'eau est aussi un élément important de la fête,
car elle symbolise la vie et la richesse.
Le lendemain, les femmes mariées se rendent à la
maison paternelle, accompagnées de leur conjoint et de
leurs enfants. La vie commerciale reprend le cinquième jour,
qui est consacré au dieu de la richesse.
Le 15e jour, celui de la première pleine lune
de l'année, la fête des Lanternes marque la fin des
réjouissances. On accroche des lanternes aux couleurs
voyantes, souvent à l'effigie de l'animal de l'horoscope
à l'honneur, tandis que des défilés mettant
en vedette lions et dragons dansants envahissent les rues.
L'immigration chinoise au Canada
Les festivités de la Nouvelle Année
lunaire sont devenues, au fil des ans, une réalité
canadienne à mesure qu'augmentait le nombre d'immigrants chinois.
C'est à l'époque de la ruée vers l'or du
fleuve Fraser, vers 1802, à Barkerville, au sud-est de
Prince George, en Colombie-Britannique, que se forma la
première collectivité de Chinois au Canada. La
majorité des immigrants étaient alors venus de la
province du Guangdong, située entre Canton et Hong-Kong.
Le recrutement de 15 000 hommes pour construire la ligne de
chemin de fer du Canadien Pacifique en Colombie-Britannique fut
à l'origine de la deuxième grande vague d'immigration,
dans les années 1880. Une fois le chemin de fer transcontinental
achevé, en 1885, la plupart rentrèrent en Chine,
tandis que d'autres s'installèrent dans les Prairies et
dans l'Est du Canada.
Aujourd'hui, environ un million de personnes d'origine chinoise
vivent au pays, les deux tiers à Vancouver et à
Toronto. La communauté sino-canadienne s'est
transformée au fil des ans, mais ses valeurs familiales
et culturelles restent bien vivantes. Ainsi, la majorité
des jeunes travailleurs chinois continuent à subvenir aux
besoins de leurs parents, et nombre de personnes âgées
habitent chez leurs enfants.
Réjouissons-nous avec les Sino-Canadiens !
Au Canada, les festivités du Nouvel An,
qu'elles soient familiales ou publiques, donnent à nos
compatriotes d'origine chinoise l'occasion de renouer avec leur
culture et avec les générations précédentes.
Pour marquer cette quinzaine de réjouissances, Postes
Canada est fière d'émettre un timbre de 0,45 $
consacré à l'année du Tigre.
Conçue par le Vancouvérois Raymond Mah,
qui a utilisé une illustration de Tammi Hall, Gavin Chow et
Leigh Bridges, la figurine présente, en gros plan, la
tête et les épaules d'un tigre, une représentation
plutôt intimidante de ce féroce félin. À
droite, deux caractères chinois, calligraphiés par
Leung Hon Kwan, se traduisent par « année du Tigre ».
Dominant, le rouge symbolise la joie pour les Chinois; la couleur or,
symbole de la prospérité, de la joie et de la chance,
accentue le motif.
ScoutNet SA
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