Depuis plus de 2000 ans, les
anges sont présentés, dans
la Bible et d'autres documents sacrés, comme des messagers d'un
renouveau. Cette année, à l'approche d'un nouveau millénaire,
ces êtres célestes diffuseront, une fois de plus, leur message
d'espoir dans le monde entier grâce aux timbres de Noël émis
par Postes Canada. Le timbre de 46 cents sera offert en feuille de 50
et en carnet de 10; les vignettes de 55 cents et de 95 cents, en feuille
de 50 et en carnet de 5.
Les motifs de l'émission sont inspirés d'uvres de
l'époque victorienne, période de production artistique féconde
qui s'étendit de 1837 à 1901. Les progrès réalisés
en imprimerie avaient alors permis le tirage en série d'illustrations
couleur, les rendant très abordables. Les images d'anges ainsi
reproduites sont vite devenues des éléments de décoration
intérieure très populaires dans les foyers, en particulier
à Noël.
En retenant les services de Tannis Hopkins, Tsetsekas et Zabolotney ont
opté pour une illustratrice avec qui ils ont souvent travaillé.
Hopkins a choisi de dessiner les motifs aux crayons de couleur afin de
leur donner l'aspect d'uvres lithographiées. « La douceur
des teintes est typique de l'époque victorienne, souligne Zabolotney.
En outre, elle vient contrebalancer les couleurs ultravoyantes et saturées
des articles de décoration qui sont vendus, aujourd'hui, à
Noël. »
Les anges à travers les siècles
Le rôle joué par les anges dans l'histoire de la naissance
du Christ et la place qui leur était réservée dans
les traditions sentimentales nées des festivités du temps
des Fêtes à l'époque victorienne ont contribué
à la pérennité du symbole de l'ange bien-aimé.
Bien que les premières descriptions de ces figures célestes
datent d'avant l'ère chrétienne, les représentations
d'anges pourvus d'ailes ne remontent qu'au IVe siècle.
Le concept moderne de l'ange à la chevelure ondulée, surmontée
d'un halo, et à la robe blanche apparaîtra deux siècles
plus tard. Cette image sera modulée au fil du temps par les diverses
tendances artistiques et culturelles.
À l'aube de la Renaissance, au cours du XIVe siècle,
des artistes confèrent aux anges des traits féminins ou
enfantins. C'est à l'époque victorienne que les représentations
de chérubins aux joues roses se répandent en tant que symboles
d'espoir et de soutien.
« Les anges ont fait l'objet de représentations mêlées
à la fois d'idéalisme et de romantisme, mentionne Hopkins.
Tout d'eux - ne pensons qu'à leurs grands yeux et à leur bouche
en cerise - évoquait bonté et innocence. Pour beaucoup de
gens, l'ange était aussi l'antithèse de la réalité
qui était si difficile. »
Les reproductions d'uvres artistiques bon marché illustrant
des chérubins et des enfants prirent donc leur place parmi les
formes de décoration les plus populaires. Quant à l'ange,
qui tient à la fois de l'un et de l'autre, il demeure l'une des
images les plus mémorables de l'époque victorienne.