PARCELLES INSULAIRES
de Stéphane Méliade
C'est l'or qu'il faudra prendre.
Le sang de fatigue, arrondi de pépites, lesté d'émotions
en fils serrés.
C'est le bruit du tissage des détails, le chant du brasier
des points.Aujourd'hui
j'ai dansé avec ta couleur
tu trempais tes pieds dans l'eau
juste un peu
il fait froid
et les gens aiment se moquer
de leurs semblables qui tremblentC'est le mot qu'il faudra poser sur le mal.
Le long drap grisé à recouvrir de ton visage, le choc du
soleil contre les vagues.
C'est l'éclat des valises dans l'eau, le perron des palmiers
qui prient.Les maisons au bord de la mer
ont ceci de particulier
qu'elles ne sont jamais vraiment fermées
avec leur bec
les mouettes écrivent des portes
sur un coeur
je ne rèvèle plus à personne
qu'il est le mienCe sont ces longues files d'hommes à remonter.
Les années d'algues dans la bouche.
Le tourbillon d'une feuille sur laquelle je tiens tout entier.
C'est ta silhouette qui rira dans la barque.il faudra
confier l'orage à la mer
avec quelques uns de nos doigts
il faudra que tu dise
même pour toi toute seule
qu'il est des instants
qui ressemblent à des embarcadères
je t'entendraiC'est l'ombre dans laquelle est sertie une galaxie.
L'univers collé au sol qui suit ton mouvement.Par l'océan qui désire un tapîs d'herbes, par le trait d'union
du vent, par le réveil des morts, par l'écoute de la lune.Par la disposition de petits objets que j'ai mis sur la table
de la cuisine et qui, sans que je l'ai voulu, ont formé ton nom.Par une larme qui fait le tour d'une île.
01-07-2002
20 juillet 2002
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