YVES BRILLON
 

Nomade du silence
 

tes pas te traînent
dans la lenteur du rêve
les gestes pénètrent le miroir
ô toi femme
nomade solitaire
tu franchis la vastitude désolée
et la lune suit ton chemin

aucune étoile ne te veille
toi l'abandonnée
tu vas pieds nus
dans le sable brûlant
sans que ne te parle le désert
silence froid
quand dans la nuit
s'absorbe la chaleur
l'étoile des vents se fane
le ciel se tait

seule tu vas
la soie de tes cheveux
sombres et luisants
capte les reflets des galaxies
tu marches devant toi
dans l'ailleurs de cet ici

les dunes à dos d'âne
bosselures
roulent et se moulent
jusqu'aux pieds de l'horizon
sablier du temps
le vent s'est élevé
il poudroie
ta chevelure ondule
à la surface de la mer
ici et là sur des échouages
des carcasses osseuses
traces des caravanes perdues
égarées
jamais réclamées
aux objets perdus

tu as recouvert ta chevelure
de ton haïk
tes yeux seuls te connaissent
anonyme tu marches dans la nuit
silencieuse nomade
qui sait faire taire les bruits...

(extraits du recueil Départs)

Yves brillon

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02/16/2000
Gert Millaire