CONTE FANTASTIQUE              

Dans la plaine immense ou prédomine la couleur du sable, je marche.
Peu à peu mon pas s'accélère et ma course m'entraîne en avant toujours plus vite,
mon torse se bombe, mes bras et jambes s'allongent et soudain me voilà à quatre pattes,
je cours toujours et encore plus vite.
Mes nasaux frémissent et aspirent l'air vers mes poumons.
Mon coeur bat au rythme de mes sabots qui martèlent le sol.
Plus vite encore plus vite,
ma crinière vole au vent et mon hennissement se fait entendre à travers la plaine.
Une mince couche de sueur blanche recouvre mon corps.
Soudain tel Pégase je prends mon envol.
Mes pattes de devant se transforment en d'immenses ailes celles de derrière ne sont plus que des serres.
Ma vue est aussi perçante que l'oeil de l'aigle.
De plus en plus haut, le vertige m'est inconnu mais la sensation du vent
qui siffle et glisse dans les rémiges de mes ailes
me grise, m'enivre.
Soudain je pique vers le sol, je tournoie sur moi même, le sol se rapproche de plus en plus vite.
Le temps d'un souffle j'ouvre soudain mes ailes l'herbe frôle mon corps
et je remonte vers le ciel, vers les étoiles.
Cette fois-ci je vois un lac au loin, je fonce à grands coups d'ailes vers ce beau miroir
qui reflète si magnifiquement la nuit venue.
Je plonge tête première dans le lac. L'eau froide glisse maintenant sur ma peau.
Bras et jambes redevenus miens me poussent vers la surface
où je respire à fond et goulûment cet air si frais, si bon.
Les métamorphoses m'ont laissé chacune à leur façon un souvenir impérissable
que je suis seule à connaître.
Je nage vers la rive
et je vois une ombre qui m'attends patiemment,
non je ne suis pas seule ...

SYLVIE BENOIT

technologue en radiologie



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