EST
TRINCOMALEE-NILAVELI


21 mai

Nuit très courte: le sommeil ne vient que très tard, un décalage de 10 heures ça ne s'avale pas si facilement que le riz et comme la route sera longue mieux vaut profiter de la fraîcheur du matin. Ici on ne calcule pas les kilomètres mais le temps. On ne dit pas 300 kilomètres mais sept heures de route et la négociation pour le prix du taxi doit tenir compte des heures.
5:30 et le périple commence. Surprise la route est déjà encombrée,  il fait encore nuit et c'est l'heure de pointe.
Plein de gens attendent l'autobus, il y en a partout, des gens et des autobus et aussi des vélos, des motos, des tuk-tuk, des piétons et la route est étroite et nous croisons des vaches, des chèvres et vers 7:00 heures les écoliers en nombre incalculable prennent la route d'assaut. Le spectacle est grandiose, ces écoliers sont tous vêtus de blanc et d'un beau sourire: les filles comme les garçons portent la cravate et se retournent sur notre passage et nous envoient la main.
Arrêt à Dambulla pour le petit déjeuner. Un endroit charmant, belle végétation et d'un calme désarmant, je sens l'esprit bouddhiste planer discrètement. Puis un peu plus loin, je rencontre mon premier éléphant.

 


Ça l'air de rien
vu comme ça sur l'écran mais debout en face en face ça ne trompe pas,
il est beaucoup plus lourd que moi et je me sens minuscule...

Avez-vous vu son nez ?



Mais plus on approche de Trincomalee, plus le paysage se détériore: climat austère, végétation sèche, vestiges d'une guerre pas si lointaine, camp de réfugiés. Nous traversons 7 barrages où les soldats nous examinent mitraillette en bandouillère, ça fait un drôle d'effet. Puis nous bifurquons sur un chemin de terre, traversons une barrière et son gardien et tout redevient vert et je sens la mer qui nous accueille de son chant, une belle mer douce, turquoise, une grève de sable blanc, un bon vent ; nous sommes à Nilaveli Beach et nous y passerons 10 jours. Vite à la mer et les pieds dans le sable... oh! ce qu'il est brûlant !





 
Des heures et des heures à regarder la mer avec ses reflets dansants, jouant de ses humeurs à chaque flux et reflux comme pour nous forcer à l'écoute.
Comme si sa plainte donnait tout son sens à la simplicité de vivre sans chercher à comprendre ni retenir ce peu qui nous relie au squelette de notre dérive.
Des heures et des heures perdues dans l'inconscience de notre réalité qui ne font que couvrir nos silences devenus sourds à cause des marées qui traversent nos mains muettes.


déjà une semaine au pays !
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