Souvenez-vous du Nicaragua
1979: La Révolution Sandiniste

 

En 1979, au terme d'une longue guerre civile, le Front Sandiniste de libération nationale, le FSLN, avait finalement venu à bout du dictateur soutenu par les États-Unis, Anastasio Somoza. Ceux qui ont suivi les événements à l'époque, se souviendront comment l'assassinat devant les caméras de télévision du journaliste états-uniens James Stewart, par la garde nationale somoziste, avait " ému " l'opinion publique de nos voisins du sud et favorisé le dénouement du conflit en faveur de la Révolution.

Après leur victoire, les sandinistes ont immédiatement mis en branle tout un programme de reconstruction qui prévoyait notamment la redistribution des terres aux paysans, une campagne d'alphabétisation et la nationalisation de secteurs-clés de l'économie. Pour la population de ce pays où la moitié d'entre elles n'avait pas vingt ans, l'espoir d'une vie meilleure était désormais permis. Pendant le court laps de temps où la paix régna dans ce petit pays d'Amérique centrale, les effets positifs de la Révolution se firent rapidement sentir.

Avec la venue de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis, la trêve du peuple du Nicaragua devait être de courte durée. En effet, Reagan supporta militairement les opposants aux Sandinistes, c'est-à-dire, les anciens gardes nationaux (la Contra) qui avaient perdu leurs privilèges avec la Révolution. La CIA mina les ports du Nicaragua afin de le déstabiliser économiquement. Le manque de solidarité de la communauté internationale et l'absence de fermeté envers les Etats-Unis, fit en sorte que le Nicaragua dut se tourner vers le seul pays pouvant lui offrir un support militaire pour vaincre la "contra": l'Union Soviétique. À partir de ce moment, les dirigeants états-uniens eurent tout le loisir d'accuser les Sandinistes d'être une clique de communistes, alors que l'essentiel des réformes qui avaient été mises de l'avant suggérait plutôt une économie mixte. En fait, les Yankees redoutaient que l'exemple nicaraguayen ne fasse des petits en Amérique Centrale et ne nuise à leurs intérêts.

Cette guerre fut longue et pénible. Des élections eurent lieu et les sandinistes furent réélus, au grand dam des États-Unis qui crièrent à la farce électorale. Au terme du second mandat électoral des Sandinistes, des élections furent à nouveau organisées (curieux, pour un régime taxé de dictatorial...). Cette fois le front sandiniste perdit, au profit de la candidate de la Maison blanche (brune?) Violetta Chamorro.

La défaite sandiniste s'explique par l'épuisement du peuple, continuellement en guerre à cause des États-Unis. Ces derniers ont vaincu à l'usure, avec leur grosse machine de guerre et de propagande. Ce n'est pas pour rien que le sigle que l'on retrouve à l'encolure des uniformes de leurs militaires soit un gros US. US veut dire United States. Mais il veut aussi dire NOUS. Alors, quand vous verrez des généraux États-Uniens se pavaner à la télé, prenant la défense des droits de l'homme, n'oubliez jamais le gros "nous" qu'ils ont d'épinglés près de la jugulaire. Il traduit mieux que n'importe quel discours la véritable nature de leurs intentions.

La Révolution Sandiniste fut un gage d'espoir pour beaucoup de latino-américains. Elle demeure encore un symbole de courage et de détermination des peuples à sortir de la domination impérialiste et à s'engager sur la voie de la libération. En ces années sombres de totalitarisme de marché, souvenons-nous du peuple nicaraguayen qui a lutté seul contre le joug du "gringo", et serrons-nous les coudes pour résister à notre tour contre la barbarie des faiseurs de fric qui sont à nos portes.


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